«Vous venez pour la conférence sur le Mediator ? Attendez là, nous emmènerons tous les journalistes ensemble. Nous avons reçu des consignes très strictes.» Ambiance surréaliste vendredi matin au Palais des congrès de Paris, où se tiennent jusqu’à samedi les journées européennes de la Société française de cardiologie (SFC). Habituellement, dans les congrès médicaux, les journalistes retirent leur badge au stand presse, puis peuvent librement arpenter les allées et assister aux communications. Mais en pleine tourmente Mediator , il a fallu montrer plus que patte blanche pour aller écouter la session thématique «benfluorex (le principe actif du Mediator, NDLR) et valvulopathies», une conférence technique avant tout destinée aux cardiologues.
Dans le grand amphithéâtre, bondé, la tension est palpable. Geneviève Derumeaux, présidente de la SFC, monte sur l’estrade pour expliquer un changement de dernière minute dans les intervenants : «Nous avions initialement souhaité mettre un expert incontestable des valvulopathies, le Pr Iung, et moi-même, qui a participé à l’étude Regulate. Mais on nous a fait comprendre que cette parole serait entachée du doute de parler au nom des laboratoires Servier…».
Trois spécialistes vont ensuite se succéder au micro pour faire le point sur les atteintes des valves cardiaques liées au Mediator. Pour l’heure, les cardiologues doivent apprendre à gérer au mieux les nombreux patients qui les consultent parce qu’ils ont pris ce produit et s’inquiètent de leur état cardiaque. Fin décembre, tous les cardiologues ont reçu un courrier de la Direction générale de la santé leur précisant le suivi à mettre en œuvre, et les documents à remplir, dans le cadre d’une vaste étude.
En pratique, le risque de lésions valvulaires ne concerne que les personnes exposées pendant plus de trois mois. Les cardiologues soulignent aussi que l’… lire la suite de l’article sur lefigaro.fr


