Algérie: reddition du chef terroriste malien Sultan Ould Badi à Tamanrasset

En Algérie, le ministère de la Défense a annoncé, ce week-end, qu’un important terroriste malien s’était rendu à Tamanrasset. Ancien membre d’Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique), suspecté d’être responsable de l’enlèvement d’étrangers, lié au trafic de drogue dans la région, Sultan Ould Badi était le chef de la katiba Salaheddine, une katiba du groupe de l’Etat islamique dans le Grand Sahara.

C’est cette katiba qui est suspectée d’être responsable de l’assassinat de civils dans la région de Ménaka. Depuis le début de l’année, un nombre record de terroristes s’est rendu à l’armée algérienne. Sur la photo publiée par le ministère de la Défense, Sultan Ould Badi est de dos, à côté d’une table où sont alignés une kalachnikov, un fusil mitrailleur et des munitions.

Selon Alger, l’homme a rejoint les groupes terroristes en 2006. Dans le nord du Mali, il est connu comme l’un de ceux qui lient Aqmi et le Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) au trafic de drogue, l’un de ceux qui sont responsables des premiers kidnappings d’étrangers.

Depuis décembre 2017, plus de 95 terroristes se sont rendus à l’armée algérienne, un nombre record, qui s’explique de plusieurs manières. D’abord, parce que la pression des opérations militaires et notamment de Barkhane est importante. Ensuite, parce que l’Algérie est le seul pays de la région à avoir un mécanisme de prise en charge de ces terroristes, via la charte de réconciliation nationale et parce que selon le média Middle East Eye, un accord a été passé en juillet 2017 entre Alger, Bamako et Paris.

Cet accord, signé il y a un an, permettrait à ceux qui veulent se rendre, de ne pas être tués dans des frappes de l’opération Barkhane. La signature de cet accord a aussi un objectif, celui de collecter des renseignements pour aboutir à l’arrestation ou à la reddition des chefs de groupes, comme Sultan Ould Badi.

Il y a des accusations contre lui : qu’il faisait partie des réseaux de la drogue avant 2008-2009. Après cela il était aussi associé à une milice, dirigée par l’actuel gouvernement de Taoudeni. Selon les témoignages, il a intégré plus ou moins les groupes jihadistes à partir de 2009,2010. Il a enlevé une espagnole et, selon les autorités algériennes, il a fait partie de l’enlèvement de diplomates à Gao en 2012.

En 2013, il a fondé une milice spécifique et intégré le MUJAO, avant de se séparer de ces groupes là, pour prêter allégeance à l’Etat islamique. Donc ça fait un parcours jihadiste assez marqué et ça fait aussi partie du terrain social de la région de Gao. C’est une figure assez importante, une figure terroriste qui prenait part à des attentats contre les forces internationales et aussi – plus récemment – contre les milice soit-disant pro-gouvernementales de la région du Ménaka et du Gourma, en particulier le Gatia et le Mouvement pour le salut de l’Azawad.
Andrew Lebovich, chercheur associé au Conseil européen des relations internationales, retrace le parcours de Sultan Ould Badi
RFI

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