La Malienne Founé Sogoba découvre l’agriculture

CaptureC’est son premier voyage en France ! En stage, la jeune femme de 24 ans étudie les pratiques bretonnes en ayant pour objectif d’améliorer la vie des agriculteurs de son pays.

« La France, j’y viens pour la première fois. Je suis là dans le cadre d’un jumelage entre les Maisons familiales maliennes et celles du Finistère et de l’Ille-et-Vilaine. » Le ton est calme, la parole est claire. En présence d’Isabelle Dewu, la directrice de l’Ireo, Founé Sogoba narre son histoire. Sa vie au Mali, cette envie de découvrir le monde… Le but premier de sa démarche bretonne est de chercher à améliorer les conditions de vie des agriculteurs maliens. Un travail qu’elle sait de longue haleine.

« Je viens de Sévaré, à 13 km de Mopti, la 5e région du Mali. C’est près de chez nous, à Fatoma, qu’a été créée la première Maison familiale agricole », explique Founé, aînée de 8 enfants (de 5 à 24 ans). En rejoignant le Finistère, elle va de découvertes en découvertes.

« Ici, je dors dans un lit »

« Ici, je dors dans un lit. De plus, j’ai ma chambre seule. Tout cela, c’est une première pour moi. » Le sourire de Founé illumine la discussion. « À la maison, j’occupe la même chambre que mes frères et soeurs. Pour dormir, nous sommes sur des paillasses. » Une vie normale dans la campagne malienne, tout simplement. « Mon papa travaille dans un abattoir. Son salaire est de 73 € par mois. Ma mère fait du petit commerce pour améliorer cela. » De quoi nourrir la famille. « Au Mali, beaucoup n’ont pas trois repas par jour », reconnaît, néanmoins, la jeune Malienne.

Découvrir la mer

« Founé est une très bonne nageuse. Elle n’avait jamais vu la mer. »

Directrice de l’Ireo, Isabelle Dewu, qui est régulièrement sa logeuse, au Grouanec (Plouguerneau), se rappelle de ses débuts sur les plages du Zorn et du Vougot. « Chez elle, à défaut de la mer, elle nage dans les fleuves et rivières. La température de l’eau ici ne la rebute pas. » Notre climat reste, pour Founé, un grand point d’interrogation. « Au Mali, on est dans une fourchette entre 25 et 45 °. Il ne pleut régulièrement que trois mois par an », expliquant que, si cette année les pluies ne sont venues qu’au mois d’août, la période habituelle se situe en juin, juillet et août.

Première fois sur un tracteur

« J’ai été accueilli, pour un stage, chez un maraîcher bio, Rudy David, à Ploudaniel. Chez lui, si prendre le volant d’un tracteur pour la première fois reste un grand moment, je retiendrais surtout des pratiques ou astuces que je vais tâcher de transcrire aux agriculteurs maliens. » Elle connaît tout de la technique du plastique pour empêcher les mauvaises herbes, du goutte à goutte pour l’eau, les différentes variétés de tomates… Les yeux pétillants, elle se voit déjà améliorer la vie de ses agriculteurs. Et pour cela, Founé est vraiment ambitieuse.

Découverte du Space

« Au Space, à Rennes, j’ai vu un autre monde. » Toujours dans son esprit de recherche, Founé Sogoba revient pourtant avec des idées à creuser. « J’ai vu des abreuvoirs poussoirs. Je vais vraiment m’y intéresser », avance la jeune fille, qui a également passé du temps dans les stands des cultures fourragères, ou celui des additifs. « Chez nous, il y a du coton, il faudrait quelque chose pour l’améliorer. » Founé réfléchit encore, souvent aidée par ses jeunes homologues finistériens.

Un périple

Founé Sogoba va continuer son périple dans les Maisons familiales. Avec un objectif prioritaire, d’ici janvier prochain : « Chez nous, par manque d’électricité, la conservation et la transformation du lait et de la viande est aléatoire. Je veux étudier cela de plus près. » Avant de retouner dans son pays pour essayer d’adapter le modèle d’alternance. Les Maisons familiales maliennes, au nombre de 21 aujourd’hui, projettent d’ouvrir 12 autres établissements. Founé, la trilingue (français, anglais, russe) veut aider à ce challenge.
Ouest-france.fr

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