L’obésité en Afrique

regime-proteine-1-1La rapide urbanisation et les changements associés au style de vie des gens signifient que l’Afrique fait face à un problème d’obésité croissant. Il est attendu que, à travers le continent, la part de la population urbaine augmente à 50 % avant 2030 et 60 % avant 2050.

L’urbanisation accrue est associée à des modifications de style de vie, comme une réduction de l’activité physique. Ce changement est aussi souvent accompagné par une consommation plus importante d’aliments hautement calorique et de boissons sucrées. Cette combinaison a contribué à l’apparition du fardeau naissant de l’obésité dans les villes et agglomération des pays en voie de développement.

L’obésité est un problème de santé publique sérieux parce qu’il augmente significativement le risque de maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, l’hypertension, les insuffisances coronariennes ainsi que certains cancers. Ce problème a également un poids et impact non négligeable sur les ressources sanitaires et sociales des pays.

Pourquoi l’obésité est un problème

Un individu est considéré comme obèse s’il pèse 20% de plus que son poids de forme. Plus précisément, l’obésité est définie comme un indice de masse corporelle de 30 ou plus.

Pour les femmes d’âge de procréer, les conséquences de l’obésité sont plus sérieuses. Les études ont démontré que l’obésité maternelle est mauvaise tant pour la mère que pour l’enfant à naître. Elle peut mener à des taux plus élevés de fausses-couche, de morts des nourrissons et d’anomalies congénitales.

L’obésité peut aussi aboutir au diabète gestationnel, qui est marqué par des hauts niveaux de glycémie pendant la grossesse. Ceux-ci disparaissent d’habitude après l’accouchement. Un autre risque inhérent est la toxémie gravidique, une condition qui affecte certaines femmes enceintes et apparait d’habitude au bout de 20 semaines de grossesse.

L’obésité pendant la grossesse peut aussi affecter la santé future de la mère comme de l’enfant, y compris un risque accru des maladies cardiaques, d’hypertension et de diabète. Les enfants de mères obèses ont aussi un risque plus important de souffrir d’obésité dans le futur.

Et l’obésité est également associée avec une efficacité moindre des solutions contraceptifs et a aussi un impact sur l’accouchement par voie vaginale classique.

L’obésité en Afrique

Pour comprendre l’échelle du problème de l’obésité en Afrique, une étude démographique et des données d’enquête sanitaires provenant de 24 pays africains, sur plus de 25 ans, ont été analysé. Il en ressort que non seulement l’obésité est en hausse, mais que ce fléau touche particulièrement les femmes africaines, urbaines, âgées entre 15 et 49 ans.

L’analyse montre des augmentations de la prévalence de l’obésité dans les 24 pays au cours de la période de 25 ans. Les augmentations étaient statistiquement significatives dans 17 pays. Basé sur les dernières enquêtes, il a été constaté que, parmi les femmes urbaines en âge de procréer, quatre pays ont un taux d’obésité supérieur à 20 % alors que les autres ont un taux variant de 10 à 19%

Une comparaison entre ces données et celles des enquêtes précédentes fait clairement ressortir que le taux d’obésité parmi des femmes urbaines a augmenté au cours des ont empiré au cours des 25 dernières années.

Il existe des différences significatives entre les pays d’Afrique. Le pays le plus touché est, de loin, l’Égypte. 4 Égyptiens sur 10 sont obèses. Le second du classement est le Ghana avec un taux de 22 %.

L’Égypte et le Ghana ont aussi enregistré de fortes hausses au cours des 25 ans – 13 % en Égypte et 65 % au Ghana. La hausse du taux d’obésité a doublé au Kenya, au Bénin, au Niger, au Rwanda, en Côte d’Ivoire et en Ouganda, alors qu’en Zambie, au Burkina Faso, au Malawi, en Tanzanie et au Mali, trois fois plus de personnes sont désormais touchées par des problèmes de surpoids et obésité.

Bien que le taux d’obésité au Mali et dans les pays de ce troisième groupe, reste inférieure à celui du Ghana ou de l’Égypte, le taux d’accélération est alarmant. Si ces tendances persistent, les taux d’obésité dans ces pays pourraient atteindre ceux de l’Égypte et du Ghana.

Interventions

Étant donné l’ampleur de l’augmentation du niveau d’obésité parmi des femmes urbaines dans les pays étudiés, il est primordial d’agir. Il existe un lien direct entre obésité et la hausse de maladies non contagieuses.

Il faut encourager les individus à modifier leurs habitudes alimentaires et augmenter la fréquence à laquelle ils exercent une activité physique et sportive afin de favoriser la perte de poids : la marche à pied à vive allure combiné à un régime riche en protéines et sain serait un premier pas notable. Il faudrait également que les gouvernements mettent urgemment en place des solutions pour tacler le problème. Les politiques pourraient inclure un meilleur étiquetage des aliments, une surtaxe des aliments mauvais pour la santé, des informations pour réduire la surconsommation et l’interdiction de certaines campagnes marketing pour les produits peu ou pas nutritifs.

Pour aller plus loin, consultez cet outil pour savoir combien faut-il perdre de calories par jour pour maigrir

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