L’ONU demande le renforcement des FAMAS au nord du Mali

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L’insécurité dans le nord du Mali est jugée « alarmante » par l’ONU. Dans son dernier rapport, le secrétaire général Ban Ki-Moon demande au gouvernement malien de renforcer sa présence et aux pays contributeurs de mieux équiper les Casques bleus de la Minusma. Par ailleurs, il souligne que « les progrès dans l’application effective de l’accord de paix restent limités » et se déclare aussi « inquiet de l’augmentation des violations des droits de l’homme et de la lenteur des progrès réalisés dans la lutte contre l’impunité ».

Pour le Secrétaire Général des Nations Unies « les régions nord et centre du Mali restent sous la menace de réseaux criminels, d’extrémistes violents et de groupes terroristes ». Ceux-ci profitent de la présence limitée des institutions de sécurité maliennes.
Le rapport du Conseil de sécurité indique également « la progression de l’insécurité au Mali et la menace sécuritaire que font peser les acteurs restés en dehors du processus de paix demeurent alarmantes ». Il fait état de « difficultés opérationnelles persistantes » pour la Minusma qui est régulièrement la cible d’attaques meurtrières de la part de groupes jihadistes.
Le Secrétaire Général demande aux pays qui fournissent des Casques bleus et aux pays donateurs « de maintenir leurs efforts afin que tous les contingents de la Minusma aient des équipements et un entrainement conformes aux standards de l’ONU », en particulier en « déployant rapidement les véhicules blindés de transport de troupes » qui manquent.
De son côté, le gouvernement malien doit « renforcer la présence de ses forces armées dans le nord » et s’efforcer de rétablir plus largement les services publics de base dans cette région, afin de garantir à la population locale « les bénéfices tant attendus de la paix ».
Certains responsables de la société civile estiment que cette demande de renforcement des forces de sécurité maliennes dans le nord, faite par l’ONU, vient à point nommé. Selon eux, cela montre que le Conseil de sécurité onusien a compris que sans la présence de l’armée, il ne peut y avoir de sécurité dans cette zone. Sbeyti Ag Akado membre du Forum des organisations de la société civile joint au téléphone par Mouhamadou Touré :
« Une année après la signature de l’accord, ce même Conseil de sécurité se rend compte qu’avec l’absence de l’armée, aucune sécurité ne peut être obtenue dans le nord du pays. C’est certainement une bonne chose qu’il constate que sans l’armée rien ne peut se faire dans cette partie du territoire ».
Le renforcement des positions ou la présence des forces de sécurité maliennes à Kidal, pensez-vous que cela est possible en ce moment ?
« Ça peut paraître difficile, mais rien ne peut justifier que des milices comme la milice Gatia se retrouve à Kidal et se positionne à Kidal alors que l’armée malienne qui est censée quand même être dix fois plus forte que ces milices là ne se retrouve pas à Kidal. C’est une question de volonté, c’est une question aussi de droit. Moi je pense que l’état du Mali doit en tout état de cause faire prévaloir son droit d’exister sur toute l’étendue du territoire ».
Au moment où l’ONU publie ce rapport, deux présumés complices ont été arrêtés dans les régions de Tombouctou et de Gao suite à l’attaque de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire le 13 mars dernier. De sources locales, « cette nouvelle est bien accueillie à Abidjan ». Selon elles, ces interpellations qui ont été faites hors de la Côte d’Ivoire prouvent « la bonne implication des différentes autorités dans cette affaire ». Elles estiment aussi que cela montre que « l’enquête évolue vite ».
Souleymane Oulaï est le Directeur Général de Studio Mozaïk en Cote d’Ivoire. Il est joint au téléphone par Mouhamadou Touré :
« La population d’Abidjan en gros est contente, mais on est obligé de tenir compte d’une certaine minorité qui se dit que ce n’est pas trop tôt.
Sinon, la majorité est contente parce que tout le monde pense qu’il faut mettre ces jihadistes hors d’état de nuire, que ce soit pour la Côte d’Ivoire, pour le Mali ou pour les autres pays africains. Au vu de ce que nous venons d’apprendre, oui l’enquête évolue vite. Parce que c’est une guerre lâche, une guerre de lâche. Donc ce n’est pas toujours évident de mettre la main sur les auteurs. Mais si on arrive à en arrêter deux comme on nous le signale, je pense que ça veut dire que l’enquête progresse quand même assez vite. Parce que c’est inter-état, ce n’est pas que dans un pays ou dans une zone. Si on va jusqu’à arrêter des gens au Mali, ça veut dire qu’on a du suivre une filière pour pouvoir arrêter des individus ».

Studio tamani

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