Mali: l’ONU déplore la lenteur des progrès politiques et sécuritaires

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, déplore la lenteur des réformes politiques et sécuritaires au Mali, dans un rapport trimestriel remis cette semaine au Conseil de sécurité et rédigé avant l’une des pires attaques djihadistes contre l’armée malienne.

Le document porte sur la période allant du 1er juin au 16 septembre. Dans la nuit de dimanche à lundi, deux camps militaires maliens près du Burkina Faso ont été pris pour cibles, faisant au moins 25 morts et une soixantaine de disparus parmi les soldats maliens, et 15 djihadistes tués selon Bamako.

«Des progrès ont été accomplis dans les volets défense et sécurité de l’Accord» de paix de 2015, note Antonio Guterres dans son rapport, en citant le désarmement, la démobilisation et la réintégration de membres de groupes armés, ainsi que la création d’une zone de développement économique dans le nord du pays. «De manière générale cependant, l’application de l’Accord de paix a continué d’avancer à un rythme lent», ajoute-t-il. «J’exhorte le gouvernement et l’opposition, les mouvements signataires (de l’Accord) et la société civile (…) à progresser rapidement dans le processus de dialogue avec des résultats concrets», indique le secrétaire général. A défaut, de nouveaux retards pourraient «plonger le pays dans une nouvelle crise institutionnelle», prévient-il.

Selon lui, «la priorité doit être donnée» à la conclusion des réformes constitutionnelles, ce qui permettra l’élection d’un nouveau Parlement et «le redéploiement d’unités des forces de sécurité et de défense maliennes». Dans son rapport, Antonio Guterres souligne que la stabilité du Mali passe par un meilleur contrôle de ses frontières. La force conjointe G5-Sahel reste «capitale pour combattre les groupes armés extrémistes». «Elle doit jouer aussi un rôle-clé contre le trafic d’êtres humains, d’armes et de drogues», précise-t-il.

Le G5-Sahel antidjihadiste compte quelque 5000 militaires de cinq pays (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie). Sous-équipée, la force manque de financements sur le long terme. Elle bénéficie au Sahel du soutien de la mission française Barkhane (4500 militaires). La force de paix de l’ONU Minusma déployée au Mali réunit pour sa part quelque 15.000 militaires et policiers qui n’ont pas dans leur mandat la lutte antidjihadiste.

source figaro

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