Mali : victime d’une mine, Yssouf raconte son histoire

detenuYssouf est un commerçant d’une quarantaine d’années. Après environ quinze ans dans le petit commerce, le natif de Kidal entreprend de changer d’activité pour mieux subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. C’est alors que les choses s’amélioraient petit à petit que la vie de Yssouf a tout à coup basculé.

De 1995 à 2009, Yssouf tient une boutique à Kidal. Il abandonne le commerce de détail pour celui de bétail jusqu’en 2011. Comme cette dernière activité exige beaucoup d’argent, Yssouf devient apprenti d’un chauffeur de camion, poste qui lui permet de gagner un peu d’argent et de passer son permis de conduire en 2013.

Le jour où tout a basculé

« Ce matin-là, comme d’habitude, je me suis réveillé et je suis allé au garage pour prendre le véhicule. J’ai fait sortir le camion et les travailleurs sont arrivés. Ils étaient sept ou huit. Ce jour-là, il y avait des obus qui tombaient. Nous n’avions aucun problème avec qui que ce soit. Nous avons pris le départ en direction d’une carrière pour charger le sable que nous revendions. Soudain, un grand bruit. Après avoir dépassé l’école, notre camion a sauté sur une mine », témoigne Yssouf. « Sur le coup, je me suis évanoui. Quelques minutes après, je suis revenu à moi-même. Là, j’ai constaté que deux de mes compagnons étaient grièvement blessés. Mon voisin de cabine était toujours évanoui et avait des blessures à la tête, à la poitrine et au pied. Une des personnes qui étaient à l’arrière du camion avait été éjectée. Moi, j’avais la jambe fracturée », poursuit-il.

Amputation de la jambe gauche

Yssouf et certains de ses compagnons sont amenés d’urgence à l’hôpital de Kidal, où ils sont pris en charge par une équipe du CICR. Yssouf, qui a dû être amputé, doit être évacué d’urgence. Il est donc transporté par avion de Kidal à Gao. « À l’hôpital régional de Gao, j’ai de nouveau été pris en charge par le CICR. Le personnel m’a très bien accueilli et prodigué les soins nécessaires. Après quelques jours, j’ai pu regagner Kidal. Mais je devais revenir à Gao 6 mois plus tard pour le suivi de ma jambe. C’est ce que j’ai fait. J’ai rencontré les gens qui réparent les pieds. Ils m’ont donné un faux pied [une prothèse]. J’ai appris à marcher avec et je suis retourné à Kidal ».

Soutien psychosocial

Bien que guéri, Yssouf n’a plus la capacité physique de reprendre son emploi de chauffeur de camion à cause de son handicap. Il retourne à son activité initiale de commerçant détaillant et se débrouille pour subvenir aux besoins de sa femme et de ses enfants. C’est en mai 2016 qu’il subit un nouveau un choc avec la disparition tragique d’un de ses fils âgé de quatre ans. Désespéré par cette succession de malheurs (décès de sa première femme avant son accident, perte de sa jambe, perte de son travail et décès de son fils), Yssouf est au bord de la dépression. Nous avons continué de l’aider dans ces moments difficiles via notre service de soutien psychosocial.

Aide au relèvement

Nous avons aidé Yssouf à monter un projet de commerce. Grâce au financement du CICR, il a ouvert une boutique à Kidal et exerce une activité qui lui permet de subvenir aux besoins de sa famille. Au fil des mois, il a même agrandi sa boutique en achetant un congélateur pour diversifier les produits qu’il vend. Tout en remerciant le CICR, Yssouf veut aussi aider les personnes qui, comme lui, ont été victimes d’engins explosifs. Aujourd’hui, il est le président de l’association ”Anmitaf Handicap” dont le but est de soutenir les victimes de mines.

www.icrc.org

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