Discours du Président de l’AMC-AFRIQUE, Mohamadou Lamine CISSE à l’Ouverture de la Conférence sur les Conflits Armées à l’Union Africaine

IMG-20191015-WA0012Excellence Madame la Présidente de la république fédérale et démocratique d’Éthiopie

Excellence Monsieur le Président du HCCT

Excellence Monsieur le Directeur ACPF

Chers Ambassadeurs et Représentant du Corps diplomatique

Chers Représentant Régionaux et Pays d’AMC

Chers Participants, Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un honneur et un agréable plaisir de prendre la parole devant cette auguste Assemblée pour témoigner toute ma gratitude en tant que Président de l’AMC au nom de notre conseil (des gardiens ceci envers les partenaires organisateurs, ACPF et tout son staff ainsi que les partenaires techniques financiers.

Les chiffres alarmants concernant la situation des enfants et les conflits armés nous interpelle tous.

On évalue à plus de 2 millions le nombre d’enfants tués dans des situations de conflits armés ; à plus de 6 millions les enfants rendus handicapés à vie. Plus de 250 000 d’entre eux continuent d’être exploités en tant qu’enfants soldats.

La guerre fait de plus en plus de victimes parmi les femmes et les enfants et la disproportion du nombre de décès parmi des civils n’a jamais été aussi élevée.

Des milliers de filles sont victimes de viols et d’autres formes de violence et d’exploitation sexuelle. Selon certaines informations, le trafic transfrontalier d’enfants en provenance et à destination des zones de conflit tend à s’intensifier. Et ce, à travers de complexes réseaux internationaux criminels qui alimentent les conflits en aidant à monnayer des ressources naturelles comme le diamant, le coton et le bois d’œuvre contre des armes et des instruments de guerre.

Ces trafics ont conduit à augmenter le nombre de victimes.

Ces impacts nous révèlent l’ampleur des dommages psychosociaux, la perturbation des processus de socialisation, la perte de valeurs traditionnelles qui les protègent.

Au moment du conflit, les structures sociales se disloquent ; ajoutés à cela, les difficultés d’accès à l’éducation, aux soins de santé,  et les risques de séparation des enfants de leurs familles lors de déplacements de populations.

Chers participants ;

Nous nous rappelons encore du rapport historique de l’ONU réalisé par Mme Graça Machel, Expert désignée par le Secrétaire général en 1996, intitulé “Impact des conflits armés sur les enfants”, évalue à près de 25 millions le nombre d’enfants qui ont été déplacés lors de conflits en dix ans.

Les conflits exacerbent les situations où les enfants sont abusés et augmentent les risques d’exploitations et de sévices sexuels. Ces abus, souvent, perdurent durant la période de transition, “post-conflit” : travail domestique se transformant en servitude, recrudescence de la traite d’enfants, violence sexuelle accrue, exploitation sexuelle dans les camps de réfugiés, par exemple…

On se souvient des allégations récentes d’exploitation et d’abus sexuels de mineurs par des agents chargés du maintien de la paix selon lesquelles des fillettes, à peine âgées de 13 ans, ont reçu de la nourriture en échange de services sexuels.

Comme nous le démontre le rapport AMC-ACPF dans certains cas, qui restent encore peu documentés, nous constatons que le conflit opère des changements structurels qui produisent une restructuration des normes sociales existantes et un remaniement des mécanismes de distribution d’accès aux ressources productives et stratégiques en brisant certaines chaînes d’inégalités structurelles.

Je me pose toujours quelques questions dont les réponses m’aiderons à solutionner mes problèmes ;

Pourquoi nos institutions et nos états sont – t – ils réactionnaires ?

Qu’est – ce qui explique les défaillance notées dans la chaîne de notre système de protection sociétale ?

Pourquoi les agences pourvoyeurs de fonds se braquent souvent dans des considérations d’ordre concurrentielle ?

Face à tous ces constats, l’AMC qui se veut une organisation panafricaine présente aujourd’hui dans 47 pays en Afrique est très préoccupée à la lecture du rapport dont nous procédons au lancement aujourd’hui.

Chère assistance si les constats du rapport perdurent, beaucoup d’enfants manqueront à l’appel de l’agenda des ODD et de celui de l’Union Africaine.

C’est pourquoi, mesdames et messieurs, nous nous réjouissons et adhérons pleinement à l’initiative de cette conférence pour que, en tant qu’africain, nous puissions mener des réflexions fructueuses pour trouver des solutions idoines et pérennes à la situation des enfants impactés par les conflits armés.

Mesdames et messieurs le paradoxe de la problématique des conflits est souvent le refus d’être conciliants, de négocier, de céder une partie de ses intérêts surtout de prioriser l’intérêt supérieur des couches vulnérables.  Mais après avoir faits des victimes au rang desquelles on compte des enfants, force est de reconnaître que c’est à travers la négociation et le dialogue que l’on vient à bout d’un conflit.

C’est pourquoi l’AMC voudrait lancer une fois de plus un appel solennel pour qu’au sortir de cette conférence, les pays africains entendent raison en utilisant ce rapport comme outil de base pour la réflexion scientifique et qu’ils privilégient les négociations dans tous différents. Ce n’est qu’à ce seul prix que nous pourrons demain regarder dans les yeux de nos enfants et de nos petits fils et pouvoir être aussi à l’aise de répondre à leur question concernant l’héritage que nous les adultes nous leur avons légué en terme de paix et de stabilité.

Mesdames et messieurs nous sommes tous redevables vis-à-vis des enfants car nos pays et nos nations ne nous appartiennent pas, ils nous ont été prêtés par nos enfants, nos petits fils. Faisons – en bon usage.

Excellence Monsieur le Président du Sénat veuillez transmettre nos salutations à Son Excellence M Ibrahim Boubacar Keita pour avoir accepté de préfacer le rapport.

Pour finir, aux noms des différents responsables sous régionaux de l’AMC de ses 47 pays membres et en mon nom personnel, je souhaite pleine réussite à la conférence.

Je vous remercie

Mohamadou Lamine CISSE

Président L’AMC-AFRIQUE

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