L’imam Mahmoud Dicko aux jeunes : « Ce que vit le Mali aujourd’hui ne peut pas continuer »

20130221142412_mahmoud-dicko-4-3-600x312Le samedi 2 novembre, l’imam Mahmoud Dicko était face à la jeunesse de la CMAS (Coordination des mouvements, associations et sympathisants de Mahmoud Dicko). Objectif : échanger sur la situation nationale. Compte tenu des évènements douloureux survenus suite à l’attaque du camp de l’armée malienne à Indelimane, près de 200 km d’Ansongo, la CMAS a reporté son activité en dédiant la journée à un moment de prière pour les soldats tombés sur-le-champ d’honneur.
Dans le cadre de ses activités, la CMAS avait envisagé de consacrer la journée du samedi 2 novembre à un moment de partage d’expériences et d’échange entre les jeunes et l’imam Mahmoud Dicko. Une rencontre qui a finalement été  reportée suite à  l’attaque meurtrière qui a eu lieu à Indelimane contre le camp des FAMA où une cinquantaine de nos militaires ont perdu la vie. Dans une vidéo que nous avons reçue, c’est avec un ton calme et un visage triste que l’ancien président du Haut conseil islamique du Mali, imam Dicko, s’est adressé aux jeunes acquit à sa cause.
Prière pour les militaires tombés sur-le-champ d’honneur ; la résignation qui n’est aucunement l’une de nos valeurs au Mali ; et la résistance qui a toujours prévalu dans ce pays. Tels sont les points saillants de son intervention.
À sa sortie de la salle, l’iman s’est prononcé face à la presse : « Avec un cœur meurtri, je ressens aujourd’hui qu’il est très difficile pour moi de venir dire autre chose que de la prière. C’est pourquoi j’ai fait de cette journée une journée de communion  avec notre armée voire de prière pour eux et pour  le Mali ».
Pour Dicko, la résignation n’est pas une valeur malienne, et le Malien n’est pas un peuple de résignation, mais celui de la résistance. « Nous ne sommes pas un peuple soumis, nous sommes un grand peuple, une grande Nation qui a bâti des empires et des Nations », rappelle l’imam qui dit à qui veut l’entendre : « Ceux qui sont venus ont colonisé l’espace et les physiques, mais ils n’ont jamais pu coloniser nos esprits grâce à la résistance du peuple. C’était pour dire aux jeunes que nous sommes des héros et des grands résistants ».L’un des acteurs du départ de Soumeylou Boubeye Maiga de la primature ajoute : « La prochaine sortie sera pour arrêter cette saignée. Ce que vit le Mali aujourd’hui ne peut pas continuer ».Et la  raison de cela, dit-il, est que le peuple ne peut pas continuer à vivre ainsi.
Selon l’imam Dicko, les Maliens doivent oublier toutes les petites querelles qui ont eu lieu entre eux en faisant face à l’essentiel, le pays. D’après lui, « il ne s’agit pas de sauver la tête d’un homme ou d’un régime, mais de sauver la patrie malienne ».
Pour cela, nous apprend-il, aucun sacrifice n’est de trop. Il  confie au monde que ces jeunes militaires tués sur-le-champ d’honneur ont fait le sacrifice ultime en donnant leur âme, leur jeunesse et  leur vie  pour la défense du Mali. Ce qui l’amène à dire que la patrie leur doit une reconnaissance. Mahmoud Dicko propose les victimes de Indélimane ne soient  enterrées en catimini,  mais plutôt comme des héros. « Je ne suis pas d’accord avec cette façon d’enterrer  ces gens dans presque une situation de catimini. C’est des martyrs et des héros qui doivent être honorés. C’est la patrie entière qui doit les accompagner. Ils ne doivent pas être mis de côté où on les enterre dans des situations que personne ne sait comment ils sont devenus », a-t-il conclu.
Mamadou Diarra

Le pays

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