Mali: arrestation de jihadistes soupçonnés de préparer des attentats dans la région

Bamako, 13 déc 2018 (AFP) – Deux jihadistes présumés originaires du Burkina  Faso, un autre du Mali et un de Côte d’Ivoire, soupçonnés de préparer des  attentats dans ces trois pays pour les fêtes de fin d’année, ont été arrêtés
la semaine dernière, ont déclaré les services de renseignement maliens. Les quatre membres de cette “cellule terroriste” démantelée jeudi dernier  par la DGSE (services de renseignement) malienne aux environs de Koutiala  (sud), près de la frontière burkinabè, “ont participé au double attentat  effectué le 2 mars dernier à Ouagadougou”, ainsi qu’à l’enlèvement d’une  religieuse colombienne en février 2017 dans cette région du Mali, précisent
les renseignements dans un communiqué publié mercredi.

Ils ont été “appréhendés alors qu’ils s’apprêtaient à perpétrer des  attentats dans certains points sensibles d’Abidjan, Bamako et Ouagadougou lors  des fêtes de fin d’année”, selon le texte, identifiant “Adama Konaté, 31 ans,
originaire de Yira Dioubasso au Burkina”, comme “le chef de la cellule”. Il “assurait la succession de son mentor Abdallah Sawadogo tué par les  forces burkinabè le 22 mai” et “était devenu le point focal des groupes
terroristes dans la jonction des trois frontières (Mali, Burkina et Côte  d’Ivoire) et avait entamé une opération de recrutement”, selon la même source.

La DGSE malienne souligne qu’elle “collabore étroitement avec ses  homologues de certains pays à travers le partage du renseignement pour agir  efficacement dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent”. A Abidjan, une source sécuritaire a souligné “l’excellente collaboration  entre les différents services malien, burkinabè et ivoirien qui a permis  d’arriver à ce résultat”. Cette source a souligné que la cellule avait  notamment “effectué des reconnaissances sur deux sites à Abidjan”. Une source policière ivoirienne a affirmé jeudi matin à l’AFP que la  cellule avait procédé à des “recrutements” en Côte d’Ivoire.

“Elle a été mise hors d’état de nuire” alors que “des préparatifs  (d’attentat) étaient en cours”. Toutefois la “prudence” s’impose : “c’est un  coup où on voit les têtes mais pas forcément tous les membres”, a souligné  cette source.
Ouagoudougou a été frappée le 2 mars par un attentat spectaculaire visant  l’état-major des armées et l’ambassade de France, qui a fait 8 morts et 85  blessés. C’était le troisième attentat dans la capitale burkinabè.  La Cote d’Ivoire avait quant à elle été touchée en mars 2016 par un  attentat dans la station balnéaire de Grand Bassam (19 morts). L’enquête avait  débouché sur des arrestations en Côte d’Ivoire mais aussi au Burkina Faso, au  Mali et au Sénégal.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes  jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés  par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à
l’initiative de la France, qui se poursuit. Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces
maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques, malgré la  signature en 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les  jihadistes.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et  le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et  le Niger, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.
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