Mariage d’enfants au Mali : La cité de Méguetan en tête avec 58%

Le secrétaire Général du ministère de la jeunesse et des sports, M. Amadou Diarra Yalcouyé a lancé le vendredi 2 Août 2019 au centre Marie Delhez, les travaux de la 13ème édition de Oxyjeunes.

La présente édition qui réunit 62 enfants journalistes et artistes, se déroule du 31 juillet au 6 août à Koulikoro, autour du thème : « Pour chaque fille, tous ses droits ». Etaient présents à la cérémonie officielle d’ouverture, le gouverneur de la région de Koulikoro, Général de Brigade Débérékoua Soara, le maire de Koulikoro, M. Ely Diarra, la Représentante de l’UNICEF, Mme Lucia Elmi, etc.

La tenue de ces assises dans la cité de Méguetan, résulte du fait qu’en matière de protection, la région de Koulikoro singulière et historique du Mali, présente malheureusement des taux de mariage d’enfants très élevés. 58% des filles sont mariées avant d’atteindre la maturité physique ou émotionnelle requise pour devenir épouse ou mère, alors que 20% des filles se marient avant l’âge de 15 ans, indique la Représentante résidente de l’UNICEF. Cette situation, précise-t-elle, conduit souvent à des grossesses précoces.

En plus des risques pour la santé des filles, le mariage d’enfants et les grossesses précoces privent très souvent, les filles de plusieurs autres droits fondamentaux, à savoir leur droit à l’éducation et leur possibilité de s’épanouir. « Dans la région de Koulikoro, des filles sont contraintes d’abandon de bancs au profit du foyer, une situation qui compromet sans doute leur épanouissement dans la société », déplore le maire de Koulikoro qui a salué les organisateurs de l’évènement, pour le choix porté sur sa région pour abriter ces assisses pour la cause des filles.

L’organisation de Oxyjeunes autour de ce thème est une invitation aux parties prenantes à prendre des mesures pour renforcer le bien-être et l’autonomisation de la fille au Mali selon les articles de la CDE, la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes, le Protocole à la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, (« Protocole de Maputo ») et la CADBEE.

Selon la présidente du Parlement des enfants, Mlle Mariam Aldjanabangou, l’éducation est un élément clé pour protéger les droits de l’enfant. Le thème de cette 13e édition de « Oxyjeunes » est d’une importance capitale car il permet aux enfants de pouvoir plaider en faveur de leurs droits, surtout ceux de la fille. Par ailleurs, elle offre l’occasion de susciter l’intérêt des décideurs et du public en faveur de la mobilisation des ressources en tous genres pour mieux bâtir l’environnement protecteur pour l’enfant, particulièrement la fille dans notre pays.

Pour sa part, le Secrétaire général du ministère de la jeunesse et des sports M. Yalcouyé a rappelé qu’au Mali, « d’importantes initiatives ont été prises en faveur de la protection de l’enfant, à savoir la politique nationale de promotion et de protection de l’enfant, politique Nationale Genre du Mali… ». Il ajoute que la stratégie nationale pour stopper les mariages précoces est en cours d’élaboration.

Par ailleurs, cette édition de Oxyjeunes organisée par l’UNICEF en collaboration avec l’URTEL, l’AMAP, la DNJ et APJEC, offre l’occasion aux enfants de découvrir les valeurs, les réalités socio-économiques et culturelles des contrées de Banamba où se célèbre chaque année un mariage collectif, dans la région de Koulikoro. Elle permet également aux enfants de tisser des liens favorisant ainsi le brassage gage d’une cohésion sociale et d’une promotion de droits et d’une culture de la paix.

Malinet.net

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