Moussa Mara : « on a l’impression que quand les gens sont mauvais, ils ont de la promotion, il n’y a pas de culture de sanction dans notre pays…”

MaraLa salle de conférence du carrefour de jeunes de Kita a refusé du monde, le samedi dernier, lors de la cérémonie dédicace du livre de Moussa Mara « Dédicace du livre : Jeunesse africaine – Le grand défi à relever ».

L’Afrique est le continent le plus jeune et le restera encore pendant longtemps. La jeunesse africaine porte-t-elle l’espoir d’un avenir radieux ou constitue-t-elle une menace pour le continent, voire peut-être pour le reste de la planète ? On pencherait a priori pour la seconde alternative tant la démographie inquiétante, la malnutrition, la faible compétence des ressources humaines, l’inégalité des sexes, l’urbanisation galopante et créatrice de bidonvilles, le chômage endémique sans oublier l’extrémisme et le terrorisme forment le quotidien du continent africain depuis plusieurs années.

Le tableau est sombre mais pas désespéré. Loin de là, nous dit Moussa Mara dans cet ouvrage, notamment si l’Afrique, par le biais de ses élites, engage un partenariat avec sa jeunesse pour mettre en avant et exploiter son potentiel. Dans cet essai au style enlevé, l’ancien Premier ministre du Mali lance un appel aux élites, gouvernants et décideurs africains.

 N’ayez pas peur de la jeunesse, elle peut être la chance de l’Afrique ! Il faut mettre en œuvre une politique efficace, responsable, dans un cadre international solidaire, à destination de la jeunesse qui doit être au cœur de tous les débats. « La plupart de nos institutions sont gérées par les vieux, il faut rajeunir le leadership…8 milliards de fcfa comme budget annuel de l’APEJ, ne peuvent régler grand-chose sur les questions de la jeunesse… », a souligné M. Mara.  

Selon l’auteur, nos pays ne sont pas organisés pour aider les jeunes. « Mais, malgré toutes les difficultés, vous pouvez vous en sortir car nos pays offrent au moins des perspectives : la première de chose c’est l’école. Ayez l’esprit du travail et l’ambition de l’excellence. Chercher à être premier. Il ne s’agit pas d’avoir seulement la moyenne, mais il faut avoir la culture de l’excellence… »

Cet appel est destiné aussi aux jeunes Africains eux-mêmes, qui doivent prendre leur destin en main, s’engager tous ensemble dans la vie de la nation. Un discours salutaire et plein d’espoir qui rappelle que la jeunesse est un atout majeur pour un pays ou un continent en pleine croissance.

Le leadership en panne

Le leadership n’est pas de bonne qualité dans nos pays, particulièrement au Mali, dira l’ancien Premier ministre du Mali. A n’importe quel niveau de responsabilité, précise-t-il, la personne travaille pour elle-même avant de travailler pour les autres, « même nos familles intègrent cela ; ça fait que les besoins de nos populations ne sont pris en compte », ajoute-t-il.

 Dans son exposé, M. Mara a rappelé le problème lié à la gouvernance sur le continent, principalement au Mali. « Nos leaders considèrent un lieu de responsabilité comme un lieu sacré, pour eux, ils ne doivent rien partager avec la population… ce qui n’est pas normal ». Pour Moussa Mara, il faut instaurer une culture de sanction dans nos pays, afin de mettre l’ordre.  « On a l’impression que quand les gens sont mauvais, ils ont de la promotion, il n’y a pas de culture de sanction dans notre pays”, estime-il.

Moussa Mara a aussi rappelé que « la bonne gouvernance passe également par la vigilance de nos élus qui doivent impérativement être au cœur des réalités de leurs localités ». Il a exprimé son écœurement à l’égard « des élus qui préfèrent la capitale aux différentes localités dont ils ont la charge ».

Mouhamar/malinet.net

 

Pin It

Commentaires fermés