Ogossagou: “une attaque planifiée, organisée et coordonnée sur la partie peule du village” (MINUSMA)

ogoAu Mali, plus d’un mois après la tuerie d’Ogossagou, dans le centre du pays, l’ONU vient de publier, ce jeudi, les conclusions préliminaires de sa mission d’enquête spéciale. Il s’agit, selon la MINUSMA (mission onusienne au Mali), d’une “attaque planifiée, organisée et coordonnée sur la partie peule du village” par “au moins une centaine d’hommes armés.”
Qu’est ce qui s’est passé ce 23 mars à Ogossagou peul, un village du cercle de Bankass ? Selon la mission de l’ONU au Mali, ce jour vers 5h du matin, au “moins une centaine d’hommes armés, identifiés comme des chasseurs traditionnels (dozos)” ont pris la direction du village. Ils “étaient accompagnés par une dizaine d’hommes en tenue militaire et d’autres en tenue civile.”
Sur place, dans le village, se trouvaient aussi des “éléments armés peuls faisant partie d’un rassemblement de candidats au processus de ‘désarmement volontaire’.” Ces derniers s’étaient constitués en groupe d’auto-défense. Un premier affrontement a eu lieu. Mais “supérieurs en nombre et en puissance de feu”, les chasseurs dozos ont pris le dessus et ont “continué d’avancer sur le village, tuant de manière indiscriminée hommes, femmes et enfants, et incendiant les maisons à l’aide de torches et autres combustibles préparés à cet effet.”
Au moins “157 membres de la communauté peule, dont au moins 12 individus appartenant au groupe d’auto-défense” ont été tués, la majorité par balles”, selon la mission onusienne.
Au Mali, cette tragédie sans précédent a provoqué une vive indignation. « Je suis profondément choqué par la cruauté de ces actes abominables commis à l’endroit de la population civile, en particulier les femmes et les enfants, avait réagi le chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif. Les auteurs de telles atrocités doivent être tenus responsables de leurs actes devant la justice. »
Cependant, selon la division des droits de l’homme de la mission onusienne au Mali, malgré son ampleur, cet incident n’est pas isolé: “Il s’inscrit dans un contexte d’accentuation progressive des violences sur fond de tensions communautaires dans la région de Mopti, où des groupes d’auto-défense communautaire, possédant des armes de guerre, continuent d’agir en toute impunité.”
Selon la MINUSMA, l’impunité dont bénéficient les groupes d’auto-défense depuis un certain moment au centre du Mali alimente davantage le cycle des violences et d’atteintes aux droits de l’homme commises à l’égard des populations civiles. “L’attaque planifiée, organisée, et coordonnée sur la partie peule du village d’Ogossagou s’inscrivait dans un contexte de nombreuses autres attaques similaires par des groupes de chasseurs traditionnels, à l’encontre des populations peules”, poursuit la mission onusienne.
Et selon Mahamat Saleh Annadif, “l’émotion suscitée par cette horrible tragédie n’aura de sens que si la chaine judicaire se déclenche de façon prompte et efficace pour mettre fin à l’impunité.” Avant de conclure que “le rétablissement de la paix et de la cohésion sociale au Mali est à ce prix.”
Mikado FM
Pin It

Commentaires fermés