Tragédie du 1er Janvier 2019 à Koulogo: Le Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA fait le bilan de son séjour de 24 heures sur le site , le 04 janvier 2019

ibkLe Chef de l’Etat a témoigné de sa compassion et présenté ses condoléances et celles du peuple tout entier aux populations de la localité. le Président IBK très ému et attristé, a constaté sur place les séquelles de ces incidents sur les populations. Dans la même foulée, IBK après avoir rassuré et réconforté les populations de koulogon les a invités à rester dans leur village.

Le Chef de l’Etat a annoncé un projet de rencontre inclusive avec toutes les personnalités charismatiques et légitimes de la Région de Mopti afin de trouver des solutions pérennes et définitives aux problèmes d’insécurité et aller vite au développement du Mali. Pour IBK, le malien est assez grand « pour que l’on cesse de s’entretuer, parce que nul n’y gagnera, nul n’y gagnera » a évoqué IBK.

Nous vous proposons l’intégralité de l’interview du Président de la République , Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar Keita, Chef Suprême des Armées. « Nous avons été à koulogon, et dans la douleur, nous avons vu l’horreur, un village avec des maisons calcinées, des cases, des greniers, une population effrayée, inquiète. Et nous avons été nous recueillir sur sculpture collective de 37 corps. On ne peut pas sortir d’une telle expérience totalement indemne.

Il y a taches profondes. Cette tragédie que nul ne souhaite, qu’elle survienne où que ce soit dans le monde à fortiori dans son pays. Et, c’est pour cela que, je souhaite vraiment que chacun reprenne la raison, et songe un peu à ce pays, à ce peuple meurtri au lieu que d’en rajouter. Quand on va allègrement sur des Sommets en donnant des chiffres fantaisistes de victimes on a pas besoin de ça. Ce qui est déjà avéré, qui a été mis en terre est suffisamment dramatique et tragique pour qu’il faille en rajouter, un peu de pudeur, de décence, d’honnêteté intellectuelle, c’est tout ce qu’on demande. Et, si on aime ce pays autant qu’on le proclame urbi et orbi, on devrait avoir ce sens. Et, c’est une population meurtrie, une population violentée, et une population digne, calme, qui nous a accueilli avec respect, qui a apprécié que nous ayons fait ce déplacement, qui était obligé, nous l’eussions fait d’ailleurs plus tôt, n’eut été notre obligation de présider les cérémonies d’hommage national au Docteur Seydou Badian.

Mais, je pense que notre présence a été un réconfort autant qu’on puisse réconforter en pareille situation. Et, nous avons décidé non seulement de maintenir des éléments de sécurité sur place, mais nous allons renforcer la sécurité dans l’ensemble de la zone qui déjà faisait l’objet de soins attentifs de la part du Gouverneur de Région. Et, il n’est pas exact de prétendre que des éléments de sécurité avaient été improprement retirés de cette zone avant l’attaque fatale, je pense que cela aussi, ça demande également que l’on fasse preuve d’honnêteté intellectuelle à ce niveau. Je pense que ce drame dans son tragique vient encore une fois nous interpeller tous autant que nous sommes sur l’urgence qu’il y’a dans ce pays à ce que nous nous entendions, à ce que nous cessions de nous quereller, que nous songions un peu au confort du Mali, au quotidien des maliennes et des maliens, au lieu que de continuer de traduire le plan sur la comète par rapport à des ambitions débridées, je crois que c’est pas ça qu’il y’est de saison.

Et, vraiment , l’unité de ce pays, l’union des maliens est la chose la plus urgente. Nous sommes venus aujourd’hui en deuil pour un témoignage au nom de la nation pour des condoléances. Mais, nous avons projet de revenir ici, et d’y tenir une rencontre de tous ceux qui sont d’influences certaines a quelque niveau que ce soit, et qu’ensemble nous voyons ce qu’il convient de mettre en place, en œuvre, de convenir pour que l’apaisement revienne, pour que l’on cesse de s’entretuer, parce que nul n’y gagnera, même ces oiseaux de mauvaises augures qui voudraient, tel de charogner sur un champ de bataille trouver à se repêtre n’y gagneront rien du tout, nul n’y gagnera. Je pense qu’aujourd’hui le Mali a besoin de paix, le centre du Mali plus qu’aucune autre région de ce pays à besoin de Paix.

Et je crois que de souffler sur la braise, d’attiser le feu n’est pas de convenance aujourd’hui, le malien est assez grand déjà. Je l’ai dis , nous avons trouvé hier les ressources au plus profond de nous mêmes pour l’apaisement ici dans cette zone. La dîna de Cheick Amadou avait imaginée des systèmes, des mécanismes de résolution de conflits, de gestion des parcours pastoraux pour que les conflits qui venaient de naître, qui peuvent naître, la coexistence des systèmes économiques différents et sociaux se gèrent dans la fraternité, dans la quiétude, dans la paix, et conformément à ce que notre sous région de paix souhaite.

Ce temps là était un temps de raison, il faut qu’on n’y revienne. Koulogon est une tragédie, et je pense que cela doit cesser. Étant à koulogon, j’ai une pensée très profonde également pour nos parents de Menaka, ils ont souffert, ils ont été violentés, et là aussi, nous avons eu le malheur de perdre beaucoup de vies humaines, et avant cela Bankass avait connu également cette tragédie là. Donc le cycle infernal doit s’arrêter, que cela s’arrête, que le Mali se dédie de nouveau à sa seule mission de paix et de développement pour que l’ensemble de ses populations du nord au sud, d’est en ouest, du centre, et qu’ensemble nous bâtissions, j’espère une Nation autrefois enviée qui aujourd’hui a encore sa place dans le concert des nations, et qui ai comme destin non pas sa petitesse mais la grandeur faite d’honneur et de dignité, pas les petits calculs » s’est exprimé le Président de la République.

Madou’s Camara
Crédits photographies CcomPRM -Madou’s-

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