A Djenné, l’insécurité et la violence grandissante portent une atteinte grave aux droits de l’homme

Le mardi 9 janvier 2018, la Division des Droits de l’Homme et de la Protection (DDHP) de la MINUSMA a mené une mission dans le cercle de Djenné, pour s’enquérir de la situation des droits de l’homme dans la région.

 

La délégation menée par le Directeur de la DDHP, M. Guillaume Ngefa, a rencontré les autorités locales dont le Préfet et le Président du Conseil du Cercle de Djenné, le Maire de la ville, le représentant du Commandant de la brigade de gendarmerie ainsi que l’Imam de Djenné et autres chefs religieux et traditionnels.https://minusma.unmissions.org/sites/default/files/l44a9312.jpg

Tous les acteurs rencontrés ont relevé la situation sécuritaire préoccupante qui règne, notamment avec la recrudescence des attaques commises par les groupes terroristes actifs dans la région, des cas récents de flagellations ayant même été répertoriés dans certaines localités. Ces cas d’intimidation, de torture et d’autres formes de violence comportent des violations directes des droits de l’homme et portent atteinte au droit à la sécurité de la population de Djenné et limitent leurs libertés fondamentales.

Durant cette visite, la jeunesse a été un interlocuteur privilégié pour les experts des droits de l’homme de la MINUSMA, en particulier pour les sensibiliser à la radicalisation et à l’extrémisme violent. En effet, les activités économiques de la région étant au ralenti depuis le début de la crise et la plupart des écoles étant fermées, les jeunes de Djenné sont privés d’éducation mais aussi de sources de revenus. Même l’agriculture et l’élevage semblent des activités compromises. « Aujourd’hui nous avons peur de nous rendre dans les champs car nous y risquons notre vie, il n’y a pas de sécurité, » raconte un participant à la réunion à la Maison des Jeunes de Djenné. Le constat est qu’on assiste à un ralliement progressif de la jeunesse aux groupes terroristes, ainsi qu’à des mariages forcés des jeunes filles de la population locale.https://minusma.unmissions.org/sites/default/files/l44a9469.jpg

Face à cette insécurité grandissante, le rétablissement de l’autorité de l’État et le redéploiement des forces de défense et de sécurité maliennes semblent la seule solution pour améliorer la situation des droits de l’homme dans le cercle de Djenné. Par ailleurs, comme l’a souligné le Directeur de la DDHP de la MINUSMA, M. Guillaume Ngefa, « le respect des droits de l’homme dans le cadre de la conduite des opérations de contreterrorisme est crucial pour garantir le succès de telles opérations. » L’éducation aux droits de l’homme, des programmes de  déradicalisation des jeunes, de réinsertion socio-économique et de reconversion professionnelle ont également été évoqués comme des outils pour ramener la paix de façon durable.

La MINUSMA compte bien soutenir la population de Djenné à retrouver sécurité et stabilité, à travers des projets à impact rapide ou QIPs, qui amélioreront rapidement le quotidien des populations touchées par la crise, tout en contribuant à la stabilisation et au relèvement du pays.https://minusma.unmissions.org/sites/default/files/img_7926.jpg

Un autre aspect de cette mission de la DDHP était d’ailleurs de visiter le projet réhabilitation de la Maison des Jeunes de Djenné, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. « Cette bâtisse était en ruine, inutilisable, abandonnée et les jeunes n’avaient aucun lieu de rencontre, d’échange. Aujourd’hui, la Maison des Jeunes a une programmation d’activités régulière et c’est à nouveau un lieu pour contribuer au développement de notre localité, à la construction de la paix et de la citoyenneté, » a déclaré le président du Conseil de la jeunesse du cercle de Djenné.

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