Causerie – Débats de proximité : Modibo Sidibé à bâtons rompus avec ses concitoyens de Faladiè Solola

Le président des Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence, l’ancien Premier Ministre Modibo Sidibé poursuit sa démarche originale et méthodique qui consiste à ne ménager ni son temps ni sa sollicitude pour aller à la rencontre de ses concitoyens de tous les âges et sans aucune distinction de rang social. Ainsi, après plusieurs localités du District de Bamako et de Kati, il était le dimanche 29 novembre dernier face aux populations de Faladiè Solola, le quartier où il réside. A bâtons rompus, l’ancien Premier Ministre s’est soumis volontiers au feu des questions et préoccupations de ses plus proches cohabitants.
Ce fut l’une de ces occasions dont raffole le président des FARE. En effet, il estime que c’est seulement à la faveur de cadres pareils, surtout en période sans enjeu électoraliste, que les échanges peuvent êtres des plus francs et sincères. C’est pourquoi il souligne en profiter également pour inviter ses concitoyens sur « l’impérieuse nécessité de s’intéresser davantage, de s’impliquer au mieux et surtout de se mettre au cœur de l’action politique qui détermine notre présent et notre futur commun à tous, génération actuelle et celles de demain et d’après-demain ».
Car, selon Modibo Sidibé, « il ne peut y avoir un Etat fort, juste et solidaire auquel nous rêvons tous sans une veille citoyenne conséquente. C’est-à-dire un citoyen responsable et conscient de sa place et de son rôle dans la préservation et la promotion de l’intérêt collectif au détriment de l’intérêt individuel ».
Devant donc une foule compacte d’hommes, de femmes et de jeunes de tous les âges et en présence du représentant du Chef de quartier M. Karim Niambélé, le président des FARE AN KA WULI s’est soumis volontiers aux questions de ses interlocuteurs du jour.
Auparavant, les initiateurs de la rencontre, notamment les membres du Grin de Mamadou Dembélé dit « Papi », Fatogoma Coulibaly et autres, ont rappelé l’objectif principal de la rencontre. De leur avis, celle-ci visait essentiellement à permettre d’instaurer un cadre d’échanges ponctuels entre voisins de quartier sur les sujets d’intérêts communs relatifs notamment au cadre de vie des populations, à la situation globale du pays et de dégager de meilleures perspectives dans ce sens.
Le schéma choisit par les initiateurs de la rencontre était de faire un bref rappel des activités socioculturelles et sportives déjà à l’actif du « Grin », de passer ensuite aux questions réponses entre les participants et leur hôte du jour, Modibo Sidibé, et enfin quelques témoignages sur l’homme et ses multiples actions, bien que très discrètes, en faveur du bien-être des populations avec lesquelles il partage par la volonté de Dieu une communauté de destin depuis plusieurs décennies déjà.
D’entrée de jeu, après les mots de remerciements de Mamadou Dembélé dit « Papi », ce fut au Représentant du Chef de Quartier, M. Karim Niambélé de prendre la parole pour se féliciter de cette heureuse initiative des jeunes du quartier et de les encourager à multiplier ce genre cadres d’échanges dont le but essentiel est de consolider les liens de bon voisinage, de cohabitation et de solidarité entre tous les habitants de Faladiè, en général et de Faladiè Solola, en particulier. Au nom donc des Chefs de quartiers, des Imams des 100 mosquées de la zone et de l’ensemble des notabilités du quartier, il a remercié les initiateurs de la présente rencontre avant de faire des bénédictions pour le pays tout entier.
Ce fut ensuite « l’heure de vérité » entre des intervenants pour lesquels il n’y avait aucun sujet tabou et leur hôte du jour parfaitement à l’aise pour apporter des réponses satisfaisantes aux nombreuses questions allant des plus banales à celles qui pouvaient paraître plus ou moins embarrassantes en d’autres circonstances.
Ainsi, des motivations de son engagement politique à l’état actuel de son parti politique en passant par les principaux actes posés à la faveur de nos nombreuses et multiples hautes fonctions au sommet de l’Etat, la place des jeunes et des femmes dans sa vision politique ainsi que ce que pourrait constituer sa différence fondamentale de son action politique avec celles de la grande majorité des hommes politiques, ses relations avec ses voisins et concitoyens de quartier, etc. sont autant de questions et de sujets de préoccupations ayant animé le débat entre Modibo Sidibé et ses interlocuteurs.
Dans ses réponses, l’ancien Premier Ministre a rappelé que son engagement politique ne s’est pas fait au hasard. En effet, bien qu’ayant été approché lorsqu’il était encore à la Primature par certains groupes de compatriotes pour solliciter sa disponibilité politique, il a à l’époque poliment mais fermement rejeté cette tentation. Car selon lui, « étant en mission et investi de la confiance de celui par lequel il y était, il ne pouvait sous aucun prétexte trahir cette confiance en s’adonnant à autre chose différente de la mission pour laquelle il avait été commis.
Mais lorsque cette mission a pris fin, des hommes, des femmes et des jeunes se sont spontanément regroupés en associations, clubs et mouvements de soutien pour le solliciter de nouveau ». Ce qui l’emmena « à parcourir d’abord les régions et contrées du pays pour aller à la rencontre de ses parents, de ses frères et sœurs de partout sur l’ensemble du territoire national en vue de recueillir leurs avis par rapport à cette sollicitation et au besoin demander leurs bénédictions ».
A l’issue de cet exercice, dont il dit avoir tiré une somme d’expériences inestimables, qu’il s’est résolu à s’aligner sur le départ pour l’élection présidentielle de 2012. Mais entre-temps, il y a eu le coup d’état du 22 mars, le report des élections et tout ce qui s’en est suivi, notamment le regroupement des forces démocratiques et républicaines à travers le Front pour la défense de la démocratie et de la république (FDR), anti-putsch.
« Les élections générales (présidentielles et législatives) se sont tenues dans un tel contexte avec les résultats que vous savez. Le parti a connu quelques difficultés liées au ‘’raccourci’’ que certains voulaient l’entrainer. Conséquences, aujourd’hui les FARE ne disposent dans la réalité que d’un seul Député sur six élus au départ. Mais, tant mieux, car le parti a sur garder sa ligne bâtie sur des valeurs et des principes qui ont été à l’origine de sa création. Nous avons ainsi organisé notre premier congrès qui a mis en place des organes légitimes en lieu et place de ce qui avait été provisoirement mis là. A cette occasion les militants m’ont investi de leur confiance. Voilà comment je me suis retrouvé Président des FARE AN KA WULI ».
« Quant aux résultats de mes différentes fonctions administratives, bien qu’il soit toujours plus difficile de parler de soi-même, je ne citerais que quelques-uns. Il s’agit notamment des centres de santé communautaires (CSCOM), qui, de quatre (4) en 1992 sont passés à plus de 200 lorsque je quittais le ministère de la santé des affaires sociales et des personnes âgées.
Concernant le cadre de vie des populations je ne voudrais vraiment pas m’étendre là-dessus, car ce qui a été fait l’a été grâce à nos efforts conjugués à tous. C’est ainsi qu’à Faladiè même ici on peut citer entre autres le terrain de sports pour les jeunes, la voie bitumée qui passe devant chez-moi et la route en latérite qui contourne pratiquement le cimetière, etc. Permettez que je n’aborde pas le volet social car, ce qui a été fait dans ce domaine, Dieu en est témoin ».
Le président Modibo Sidibé poursuit « au parti FARE, nous estimons que faire la politique autrement n’est pas un simple slogan. Nous sommes convaincus que c’est possible. Mais pour ce faire, il faut que chaque citoyenne et chaque citoyen accepte véritablement de jouer son rôle en refusant par exemple de vendre sa voix lors des différents scrutins que le pays organise.
Car, quelle liberté, quel choix plus grand un citoyen peut-il disposer mieux que son bulletin de vote ? Il faut que cela soit compris de la majorité de nos compatriotes afin de donner un sens et un réel contenu à l’action politique ainsi qu’à notre démocratie. Chaque homme, chaque femme, chaque jeune ici présent est un acteur majeur dans ce combat, nonobstant la diversité de nos croyances et de nos appartenances politiques. Ceci doit être une conviction profonde partagée par tous si nous voulons construire le pays de nos rêves et de nos ambitions communes ».
Ces différentes réponses données aux questions et autres préoccupations soulevées par les intervenants par le président des FARE ont été ponctuées d’ovations et de témoignages corroborant presque tous dans le même sens de la part notamment de certaines notabilités du quartier dont l’Inspecteur des douanes à la retraite, MM. Aly Ouologuem, Assé Traoré, Amadou Bah et bien d’autres.
Après presque deux heures de débats et d’échanges francs et sans langue de bois, la foule a été remerciée une dernière fois par le représentant du Chef de quartier à cette rencontre M. Karim Niambélé, qui a souhaité la multiplication de ce genre de foras dans la cité afin que les gens apprennent à se découvrir et à se connaître davantage afin de barrer la route aux ragots et autres propos calomnieux diffusés à longueur de journée dans les grins et les transports en commun, notamment.
Enfin, faut-il rappeler que cette causerie-débats à Faladiè Solola se situe dans la suite logique de celles déjà tenues à Badalabougou, Missira, Kalabancoro, Kati, entre autres. Plusieurs autres zones et quartiers de Bamako et de l’intérieur du pays en sont également demandeurs.
Pour les responsables du parti du « Grand arbre abritant l’ensemble des composantes sociales de la nation », il s’agit avant tout pour les FARE de s’acquitter de sa mission d’information, d’éducation, de sensibilisation et de formation des citoyens sur les défis et grands enjeux de la nation.
B. Sidibé
Source: L’Indicateur du Renouveau

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