CHU Gabriel Touré : L’insalubrité chasse la santé

11742753_1868286656730159_855199061723754824_n

La cour, les box de consultation, les salles d’hospitalisation… aucun endroit ou presque n’est épargné par la saleté. Les malades courent de gros dangers

Ce serait une lapalissade d’affirmer que l’hygiène et la salubrité riment avec la santé. Si cette vérité, somme toute logique, n’est nullement démentie sous certains cieux, la direction, le personnel, les services d’assainissement et les usagers du Centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré doivent davantage se l’approprier si tant est qu’ils l’aient oubliée. Le décor qu’offrent la cour et la devanture de certains services de l’établissement hospitalier est peu reluisant : flaques d’eau par ci, peaux de bananes et zestes d’oranges jetés par là ou bouteilles d’eau et mouchoirs usagés abandonnés sous des sièges, etc.
Ce mercredi matin, notre équipe de reportage a fait le tour de quelques départements ou services de l’hôpital pour constater de visu les conditions d’hygiène. Au département Pédiatrie, en dépit de l’existence de quelques signaux qui témoignent des efforts fournis en matière d’assainissement, les locaux sont loin d’être entièrement ‘’clean’’. Le constat est similaire au niveau du département en charge de la gastro – entérologie, de la cardiologie, de la diabétologie, de la neurologie et de la dermatologie.
C’est au niveau du Pavillon Benitiéni Fofana où sont installés les départements chirurgie et le bloc technique que la situation nous a semblé très peu confortable pour ne pas dire plus. Ici, les toilettes dégagent une odeur nauséabonde qui ne donne pas envie aux visiteurs de s’y introduire même en cas de besoin pressant.
A côté des toilettes, sont entassés quelques vieux cartons qui seraient certainement utiles ailleurs à autres choses. S’y ajoutent des sachets d’eau et autres coques d’arachides abandonnés là certainement par des visiteurs qui ont très peu d’égard pour la propreté des lieux. Juste derrière le bureau du chef du service urologie, il y a une rigole puante qui attire une nuée de mouches et de moustiques. Les restes des aliments qui débordent souvent des poubelles, font le bonheur des chats qui déambulent lorsqu’ils sont repus.
Au demeurant, un tour dans la cour et dans les autres services de l’hôpital Gabriel Touré nous a permis de comprendre que les scènes d’insalubrité sont quasiment identiques avec plus ou moins d’ampleur.
A Gabriel Touré, l’insalubrité s’introduit jusque dans les box de consultations où les médecins reçoivent les patients pour poser des diagnostics. Ne parlons pas des salles d’hospitalisation dont les murs sont tapissés de toiles d’araignée. La propreté des lits qui accueillent les malades, laisse à désirer. Un interne nous a confié sous le couvert de l’anonymat que les médecins prennent le soin de renvoyer à la maison les malades dont les cas ne sont pas très graves, après les interventions chirurgicales. « Nous craignons les infections à cause de l’insalubrité dans les locaux », témoigne le jeune médecin.

Sensibilisation. Comme solutions au problème, Abdoulaye Maïga, hygiéniste à Gabriel Touré, affirme que depuis trois mois, trois GIE (groupement d’intérêt économique) se chargent de l’assainissement de la cour, des services et de la morgue. Selon Maïga, une fois collectés, les déchets notamment biomédicaux sont déposés dans trois caissons installés derrière le service de chirurgie. Les déchets biomédicaux, ajoute-t-il, sont incinérés au Point G et les autres déchets sont évacués par la voirie. Notre interlocuteur avoue qu’il rencontre d’énormes difficultés avec certains usagers en l’occurrence les accompagnants des malades qui doivent fournir des efforts afin de respecter les conditions d’hygiène dans l’hôpital.
De plus, l’hygiéniste privilégie les stratégies de communication. « Nous avons réalisé des sketchs qui doivent passer en boucle sur des écrans sous les différents hangars à l’intention des accompagnants des malades. Nous leur parlerons plus de la salubrité dans la cour et auprès des malades, nous leur dirons de mettre les déchets dans les poubelles installées un peu partout. Ce sera la communication à outrance », promet Abdoulaye Maïga.
Selon lui, les autres difficultés du CHU qui compte bientôt 700 agents, 418 lits avec seulement une superficie de trois hectares ont pour noms : problèmes d’engorgement, stationnement anarchique de véhicules appartenant à d’individus qui n’ont pas de lien direct avec le milieu hospitalier, en particulier certains commerçants du Grand marché. En somme, ce sont pas moins de 2000 personnes qui sont en activité quotidiennement dans l’enceinte de l’hôpital, précise Maïga.
De son côté Fousseïny Niang, superviseur de l’une des sociétés de nettoyage, fustige les comportements des accompagnants des malades qui font la lessive et la cuisine sur les gazons, détruisant ainsi les fleurs et ignorant superbement les endroits emménagés pour cela. D’après Fousseïny Niang, le manque de caniveaux explique aussi que l’eau stagne très souvent dans la cour après les pluies.
La soixantaine révolue, Mme Ballo Ramata Traoré, accompagne un malade. « Venez, venez  voir mon fils, voyez-vous l’état du toit ? En cas de pluie, comme c’est arrivé dans la nuit du lundi au mardi, personne parmi nous n’a pu fermer l’œil à cause de l’eau qui a littéralement envahi les lieux », témoigne-t-elle avec amertume. Notre interlocutrice confirme que les ordures ne sont pas évacuées à temps.
M. SIDIBÉ

L’Essor

Pin It

Commentaires fermés