CSCOM de Yirimadio : La grève des agents de la santé continue

CSCOMVoici une situation qui risque d’entacher les sacrifices consentis par le Premier Ministre et son Ministre de la Santé pour trouver une issue favorable à la grève des médecins et des agents de santé. Les médecins et les agents de santé du CSCOM de Yirimadio ont, hier, mardi 18 avril, refusé de travailler suite à une décision de radiation prise par le Comité de gestion de l’Association de Santé Communautaire (ASACO) à l’endroit de huit de ses agents.

 Hier mardi matin, la cours du CSCOM de Yirimadio comme dans presque tous les centres de santé et hôpitaux était prise d’assaut par les patients suite à la levée du mot d’ordre de grève du secteur de la santé dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 avril 2017. Les femmes étaient les plus nombreuses avec, sous les bras, leurs enfants pour la vaccination. Elles étaient également nombreuses à venir faire établir les actes de naissance des nouveau-nés enregistrés pendant la grève. Mais, malheureusement, ni les opérations de vaccination ni l’établissement d’actes de naissance n’ont pu y avoir lieu. Et, pour cause, le Comité de gestion de l’Association de Santé Communautaire de Yirimadio (ASACOYIR) avait pris la décision de licencier huit de ses agents pour « abandon de poste ».

Selon Adama Traoré, Vice-président de l’ASACOYIR, les agents de santé qui sont payés par le Comité de gestion n’étaient nullement concernés par cette décision de grève prise par les syndicats du secteur de la santé. Il en veut pour preuve la sortie médiatique de la faitière la FENASCOM pour se désolidariser de cette grève. Selon lui, plusieurs discussions entre le Comité et ses agents pour les appeler  à reprendre le travail, se sont tenues sans que cela n’arrive à aboutir. Il rappelle aussi que la Chefferie et les Religieux du quartier ont été mis à contribution pour «les amener à la raison» ; mais, ce fut également, sans succès. C’est, à ses dires, suite à ces échecs répétés que le Comité s’est offert les services d’un Huissier de justice pour constater « l’abandon de poste » de ces huit (8) agents sur quatorze (14).

Mais, lors de la mise en œuvre de la mesure de licenciement prise à la suite des différents constats de l’Huissier, les évènements ont pris une tournure à laquelle le Comité ne s’attendait sûrement pas. Lorsque les agents visés par la mesure (Directeur Technique du Centre, la Sage femme maîtresse, le Laborantin, le Guichetier, le Gestionnaire,…) ont été saisis par la décision, un mouvement de solidarité s’est tout de suite tissé autour d’eux. Les agents au compte de la fonction publique et des collectivités ont tous vigoureusement protesté contre cette décision qui, selon eux, est «arbitraire».  Selon la sage-femme maîtresse, Mme Samaké Mariam Sangaré, leur refus de travail faisait suite au mouvement de grève déclenché dans tous les secteurs de la santé du pays. Selon elle, il était, dès lors, inconcevable pour eux de travailler au moment où leurs collègues des autres centres observent la grève. Elle conteste une décision qui ne favorise pas les populations au nom desquelles le Comité dit être en train d’agir. Après plus de dix ans de service dans ce centre, elle n’entend pas se laisser licencier de façon « arbitraire » par un Comité qui, selon elle, n’est pas sans reproche sur la gestion des fonds du centre. En tout cas, selon Adama Traoré, Vice-président de l’ASACOYIR que nous avons rencontré en présence de Gana Madou Diarra (Secrétaire aux conflits de l’ASACO), Zan Coulibaly du Comité de surveillance et Bakary Traoré de la jeunesse du quartier, des appels ont été lancés pour remplacer les agents visés par leur décision. «Nous avons déjà sous la main une vingtaine de dossiers. Nous allons procéder au dépouillement ce soir même », a-t-il affirmé.

Mais, loin d’atteindre un point de non retour, Adama Traoré n’exclut aucune possibilité d’éventuelles discussions entre le Comité et ses agents.

Au vu de ce qui s’est passé ce mardi, ce serait la meilleure décision à prendre  pour soulager les populations pour lesquelles et le Comité et les agents de santé œuvrent.

Mohamed Dagnoko et Niakalé Touré : LE COMBAT

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