Egypte: après le double attentat, colère palpable contre les autorités

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Les autorités égyptiennes sont sous le feu des critiques, après le double attentat du groupe EI, dimanche 9 avril 2017, qui a tué au moins 44 personnes et endeuillé la communauté copte. A Tanta, dans le Delta, le kamikaze est entré sans être inquiété avant de se faire exploser devant l’autel. Le limogeage du chef de la sécurité de la province n’a pas suffi à calmer la colère de l’opinion.

Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

A Alexandrie, ce sont les vidéos des caméras de surveillance de l’église diffusées par les télévisions et sur Internet qui ont ravivé la colère de l’opinion. La première version des faits était qu’un officier de police s’était sacrifié en repoussant le kamikaze, rappelle notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti.

Mais les images de deux caméras de surveillance montrent que celui qui a empêché le kamikaze d’entrer est le vieux portier de l’église, Am Nessim. Il a forcé le kamikaze à passer par le portail électronique dans une quasi indifférence policière. C’est à ce moment que le terroriste déclenche sa ceinture explosive.

Le hashtag « limogez le ministre de l’Intérieur » se répand sur Twitter. Le journal al-Bawaba reprend l’appel en manchette avant d’être saisi. Mais la confiance semble ébranlée même en plus haut lieu. Le président Sissi a en effet décrété que l’armée participera avec la police à la sécurisation de toutes « les infrastructures vitales », dont les églises.

Beaucoup se disent très déçus par le président Abdel Fatah al-Sissi, en raison de la dégradation continue des conditions de vie. L’Egypte renoue avec l’état d’urgence, régime d’exception qui avait été observé pendant trois décennies sous le raïs Hosni Moubarak. Son abrogation était l’une des principales demandes des militants durant la révolution de 2011.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé la mort de sept personnes soupçonnées de préparer de nouvelles attaques contre la communauté chrétienne copte. L’opération aurait été menée à Assiout, dans le sud du pays. Et ce, un peu plus de 24 heures après les attaques-suicides. La visite du pape François, les 28 et 29 avril prochains, est cependant maintenue.

Rfi

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