Inde : De fausses images déclenchent une vague de violences entre musulmans et hindous

Un homme est mort et au moins 12 personnes ont été blessées dans des affrontements entre hindous et musulmans depuis le début du mois de juillet dans l’État indien du Bengale-Occidental. À l’origine de ces violences : une photo, publiée sur Facebook par un étudiant hindou et jugée blasphématoire par la communauté musulmane.

Une image, grossièrement photoshopée, de deux hommes ayant une relation sexuelle sur la Kaaba, l’un des lieux sacrés de l’islam à La Mecque, a suffi à mettre le feu aux poudres dans le Bengale-Occidental. Publiée sur Facebook par un jeune hindou au début du mois [la date exacte n’est pas connue, la publication ayant été supprimée depuis], elle a suscité l’indignation de la communauté musulmane de Baduria, dans l’est de l’État.

Le 2 juillet, des dizaines de musulmans sont descendus dans les rues de la ville pour mettre le feu aux boutiques tenues par des hindous. Une foule en colère, qui réclamait la peine de mort pour l’internaute de 17 ans, a également incendié plusieurs voitures de police. Arrêté par les forces de l’ordre, le garçon a été mis à l’abri par crainte des représailles à son encontre. Ces derniers jours, la communauté hindoue a riposté alors que la police tentait difficilement de mettre fins aux émeutes.

Ces altercations ont été suivies par la diffusion, sur les réseaux sociaux, de nouvelles fausses images alimentant les tensions. Le 5 juillet, un internaute, Bhabatosh Chatterjee, a ainsi assuré sur Facebook que plusieurs femmes hindoues avaient été molestées par des musulmans. Son message était accompagné d’une photo montrant un homme en train d’arracher le sari d’une femme devant un groupe d’hommes. Sauf qu’il s’agit en réalité d’une image extraite d’un film intitulé “Aurat Khilona Nahi”, comme le rapporte Alt News, un site indien spécialisé dans la vérification d’informations.

L’auteur de cette publication a été arrêté pour incitation à la violence intercommunautaire. Mais, dans le même temps, d’autres vidéos et photos sorties de leur contexte se sont mises à circuler. Pour tenter d’apaiser la situation, les polices de l’État et de Calcutta, capitale du Bengale-Occidental, ont mis en garde les internautes sur Twitter et leur ont demandé d’arrêter de répandre des messages haineux ou de publier de fausses informations.

France 24

Pin It

Commentaires fermés