Irak: des milliers de civils toujours pris au piège dans la bataille de Mossoul

IRAK

Des dizaines de milliers d’Irakiens ont fui Mossoul depuis la mi-octobre et le début des combats entre les forces irakiennes et l’organisation Etat islamique. Selon l’OCHA, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, la fuite de civils s’est encore accélérée ces derniers jours avec une intensification des combats. Mais l’inquiétude prévaut aussi pour tous ceux, encore plus nombreux, restent piégés dans Mossoul, où jihadistes et forces irakiennes s’affrontent pour le contrôle de la ville.

Les jihadistes défendent avec acharnement leur bastion de Mossoul, sur laquelle Bagdad a lancé une vaste offensive à la mi-octobre. Cette opération, dont la deuxième phase a débuté le 29 décembre, a permis aux forces irakiennes de « faire des progrès importants » en vue de « libérer Mossoul », selon le porte-parole de la coalition internationale, le colonel John Dorrian.

La tâche des forces d’élite du contre-terrorisme (CTS) irakiennes, en première ligne, est difficile car elles doivent « nettoyer » chaque immeuble de tout combattant ennemi ou piège explosif, selon le porte-parole militaire américain. « Cela prend du temps » et « c’est extrêmement dangereux », a-t-il souligné, précisant qu’il y avait « environ 200 000 bâtiments » dans la ville. Mais petit à petit les forces irakiennes progressent, et leurs trois axes d’entrée dans l’est de Mossoul « commencent à converger », selon le porte-parole.

132 000 déplacés

Parallèlement, le nombre de civils déplacés augmente: plus de 132 000 habitants de l’agglomération ont fui leurs foyers depuis la mi-octobre, selon l’ONU. Ces déplacés irakiens sont pris en charge, pour certains, dans des camps humanitaires. Mais le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU s’inquiète aussi et surtout des civils restés en ville.

Vanessa Huguenin, chargée de communication de l’OCHA, dresse un tableau préoccupant de la situation. « Il y a encore plusieurs centaines de milliers de personnes qui sont à l’intérieur de la ville. On est extrêmement inquiets pour la protection des civils. La situation est dramatique. Ils fuient les combats, ils vont dans un autre coin de la ville, ils se déplacent. »

Au-delà de leur sécurité, Vanessa Huguenin pointe le problème de l’accès des civils aux ressources de base. « La situation est extrêmement dramatique au niveau humanitaire. Au niveau de l’accès en eau, les réserves de nourriture diminuent de plus en plus, les prix des denrées de base explosent sur les marchés, plus toutes les attaques qui ont un impact sur les civils. Et on est aussi extrêmement inquiets pour les infrastructures civiles qui sont encore là pour soutenir les personnes qui restent, c’est-à-dire les bombardements d’hôpitaux, d’écoles et d’infrastructures qui amènent de l’eau. »

RFI

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