L’Afghanistan frappé par trois attaques en une seule journée

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L’Afghanistan a été frappé ce mardi 10 janvier par trois attaques à Kandahar, Lashkar Gah et Kaboul qui ont fait au moins 50 morts et 80 blessés. La plus meurtrière est celle qui a été menée contre une annexe du Parlement à l’heure où les employés sortaient de leurs bureaux. Les talibans ont revendiqué deux des attaques mais pas celle de Kandahar.

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Les talibans ont rapidement endossé la responsabilité de deux attaques, celles de Kaboul et de Lashkar Gah dans un message posté sur le réseau Twitter.

A Kaboul, ils affirment avoir visé un minibus qui transportait des employés de la Direction nationale de la sécurité, la principale agence afghane de renseignement. Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, une première explosion s’est produite devant un minibus qui attendait des personnes qui devaient sortir d’une annexe du nouveau Parlement. Un kamikaze s’est approché à pied des employés qui quittaient leur bureau et a déclenché sa charge au beau milieu de la foule. Quelques minutes plus tard, un véhicule tout terrain, garé de l’autre côté de la rue, a explosé.

Cette double attaque s’est produite à une heure où les fonctionnaires quittent leur travail pour rentrer chez eux, dans un quartier très fréquenté de la capitale afghane. Un quartier qui abrite plusieurs administrations, dont le nouveau Parlement, mais aussi l’Université américaine de Kaboul, qui avait été durement frappée en septembre dernier par une attaque meurtrière. Un mois plus tard, fin novembre, c’est une mosquée chiite de Kaboul qui a avait été visée par un kamikaze. Une trentaine de personnes avaient été tuées. L’attentat avait cette fois été revendiqué par le groupe Etat islamique.

Plus tôt dans la journée, les insurgés talibans avaient revendiqué une attaque-suicide contre des responsables locaux à Lashkar Gah, la capitale du Helmand, dans le sud du pays. Au moins sept personnes ont été tuées, indique notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali.

Les talibans nient toute implication dans l’attentat de Kandahar

Et puis mardi soir, à Kandahar, c’est la résidence du gouverneur qui a été ciblée par un attentat. Selon le chef de la police locale, les bombes étaient placées dans les canapés. Elles ont explosé au cours du dîner alors que plusieurs invités de marque se trouvaient autour de la table. Parmi eux, l’ambassadeur des Emirats Arabes Unis n’aurait été que légèrement blessé. Mais au moins neuf personnes ont été tuées dont cinq Emiratis.

Selon les médias locaux, les talibans nient toute implication dans ce dernier attentat et mettent en cause des différents entre les responsables locaux dans la province de Kandahar, rapporte notre correpondante. D’autres sources indiquent que c’est le chef de la police provinciale, présent sur les lieux, qui était visé.Abdul Raziq a récemment proposé la création d’une zone de sécurité, une zone où serait accueillie les talibans et leurs familles afin de les soustraire je cite à l’influence du Pakistan. Une proposition qui suscite des critiques au sein du gouvernement mais aussi de l’autre côté de la frontière.

Les talibans dominants partout

Pour le chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) Karim Pakzad, cette vague d’attaques illustre la montée en puissance des talibans en Afghanistan depuis le départ de l’Otan du pays en 2014. Une montée en puissance qu’il explique notamment par l’incapacité de l’état-major afghan à répondre coup par coup, malgré l’importance des forces armées que les Etats-Unis et l’Otan financent à la hauteur de 5 milliards de dollars par an.

« Les talibans sont aujourd’hui présents partout en Afghanistan, même dans des régions qui n’étaient pas traditionnellement talibanes. Ils sont dans une phase ascendante, ils prennent l’initiative dans tous les domaines », analyse le chercheur. Dominants sur le terrain, les talibans le sont également sur le plan politique, comme en témoigne le rapprochement avec la Russie pour lutter contre l’organisation Etat islamique. « Elle considère aujourd’hui que les talibans sont un moindre mal pour combattre Daech », indique encore Karim Pakzad.

RFI

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