Le Mali aux urnes pour une présidentielle sous tension mais sans passion

Bamako, 12 août 2018 (AFP) – Plus de huit millions de Maliens sont appelés
aux urnes dimanche pour élire leur président lors d’un second tour placé sous
haute sécurité mais qui ne déclenche pas les passions, la victoire étant pour
beaucoup déjà promise au chef de l’Etat sortant Ibrahim Boubacar Keïta.
Mais avant même l’ouverture des bureaux de vote, dans la nuit de samedi à
dimanche, le camp de l’opposant Soumaïla Cissé, en lice face au président
sortant, a affirmé qu’une fraude était en préparation.
“Cela fait trois jours qu’on apprend que des bulletins de vote circulent
dans le pays”, a déclaré à l’AFP le chef de la campagne de M. Cissé, Tiébilé
Dramé. “Ces bulletins devraient être sous scellés et ouverts seulement en
présence des assesseurs, des délégués et des mandataires des candidats”,
a-t-il ajouté.
La tension était déjà montée samedi lorsque les services de renseignements
maliens ont arrêté trois membres d’un commando, qualifié de “groupe
terroriste”, au moment où il “planifiait des attaques ciblées à Bamako pendant
le weekend”.
La nature de ces attaques n’a pas été précisée, mais les trois Maliens sont
soupçonnés d’être les auteurs d’un braquage contre un péage qui avait fait
trois morts en octobre 2016 à une trentaine de kilomètres de Bamako.
Les 23.000 bureaux de vote doivent ouvrir de 08H00 à 18H00 (GMT et locale)
dans cet immense pays du Sahel toujours confronté à la menace jihadiste malgré
cinq ans d’interventions militaires internationales, les résultats étant
attendus dans quatre ou cinq jours.
Le vainqueur, qui entrera en fonction début septembre, aura la lourde tâche
de relancer l’accord de paix conclu en 2015 par le gouvernement et
l’ex-rébellion à dominante touareg, dont l’application accumule les retards.
L’accord avait été signé après l’intervention de l’armée française qui, en
2013, avait repris le contrôle du nord du Mali, où les jihadistes avaient
instauré la charia pendant un an.
Lors du premier tour, le 29 juillet, 871 bureaux (plus de 3%) étaient
restés fermés en raison de violences, empêchant près de 250.000 Maliens de
voter, surtout dans le Centre et le Nord.

– Sécurité renforcée –

Cette fois, quelque 36.000 militaires maliens, soit 6.000 de plus qu’il y a
15 jours, seront mobilisés afin de “renforcer” la démocratie et “crédibiliser
le processus à travers une participation massive de la population”, selon
Cheick Oumar Coulibaly, un conseiller du Premier ministre Soumeylou Boubeye
Maïga.
Le chef du gouvernement s’est lui-même rendu samedi à Mopti pour vérifier
sab-ac/siu/ole/ple

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