Niafunké : 4 morts et 20 blessés dans un affrontement entre deux villages

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Depuis une dizaine d’années, un profond différend foncier oppose les villages de  Kalandja dans la commune de Soboundou et Tondo dans la commune de Koumaïra dans la zone inondée du Gourma. Les deux localités du cercle de Niafunké se disputent une zone bourgoutière.
Comme dans la plupart des litiges fonciers, toutes les médiations engagées ont tourné court. Des leadeurs communautaires, des religieux, et d’autres personnes de bonne volonté ont fait de leur mieux pour désamorcer la situation. Peine perdue.
Le village de Tondo, un peu plus éloigné géographiquement de la zone disputé, revendique des droits séculaires sur ces terres du reste de plus en plus asséchées.
Kalandja l’autre village qui se trouve sur l’autre rive du fleuve est beaucoup plus proche de la zone. Ses habitants n’entendent pas être privés de ces terres précieuses pour le pâturage.
Après l’échec de toutes les médiations locales, y compris celle de la commission foncière et de gestion des conflits, les deux villages avaient failli s’affronter violemment en 2012, avant de porter l’affaire devant les responsables des groupes armés qui occupaient alors la zone comme d’autres parties du pays.
A l’époque, le comité de crise, structure locale composée de religieux et de chefs coutumiers de Niafunké avait effectué le déplacement sur les lieux et réussi  à faire baisser la tension. Mais il n’avait pas tranché sur le fond, demandant simplement aux protagonistes d’attendre le retour à une situation normale.
Quelques années plus tôt, un premier jugement du juge de paix à compétence étendue avait fait l’objet d’un recours. Et de recours en recours, les deux parties s’étaient retrouvées devant la Cour suprême qui avait tranché en faveur de Tondo.
Déjà en 2009, un jugement rendu  par le juge de paix à compétence étendue de Niafunké avait creusé le fossé entre les deux villages. Depuis, la rupture était consommée entre ces localités pourtant unies par de solides liens fondés sur des mariages croisés.
Depuis des années, tous les préfets qui ont exercé à Niafunké se sont investis, soit pour faire appliquer la décision de la Cour suprême, soit pour éviter que la situation explose.
Et arriva ce qui devait arriver. Dans l’après-midi du 13 février dernier, précisément aux environs de 14 h, des jeunes du village de Tondo ont amené leurs animaux paître dans la bourgoutière disputée. Des jeunes de Kalandja tentèrent de les en dissuader. Ils demandèrent à ceux de Tondo de quitter les immédiatement le lieu sous peine d’y faire entrer eux aussi leurs animaux.
Se sentant en infériorité numérique, les jeunes de Tondo allèrent au village pour chercher du renfort. Entre-temps, le village de Kalandja situé non loin de la zone litigieuse, se mobilisa pour se préparer à l’affrontement qui était devenu inévitable.
Les deux parties se sont ainsi affrontées avec des fusils, des gourdins, des bâtons et même des cailloux.  Le bilan est lourd : 4 morts dont 2 de chaque côté. Les blessés sont nombreux. A Kalandja, on en dénombre 11 dont 3 cas graves tandis que Tondo comptabilise 9 blessés dont 2 cas graves. Il a fallu l’intervention des militaires basés à Niafunké pour séparer les belligérants.
La brigade de la gendarmerie de Niafunké a ouvert une enquête pour situer les responsabilités. Les blessés ont tous été transportés au centre de santé de Niafunké pour recevoir des soins. Les cas les plus graves ont été évacués vers d’autres hôpitaux mieux équipés dans d’autres villes situées au sud du pays.
S. MAIGA
AMAP-Niafunké

Source : Essor

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