Pour assurer la relève de barkhane : Des doutes sur la compétence de riposte des soldats de la Minusma

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Une des conséquences des attaques terroristes en France pourrait être le départ de la force Barkhane du territoire malien. Une éventualité que certains observateurs avancent en raison de l’ampleur de la menace terroriste qui plane sur la France.

Engagée dans le Nord du Mali dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, la force française Barkhane quoi qu’on puisse en dire, mène un travail de Titan comparativement aux forces de la Minusma qui ont du mal à faire face au jihad. Les nombreuses attaques dont elles ont fait l’objet sont la preuve de cette incapacité à tenir face aux terroristes. Dans cette lutte contre le terrorisme, reconnait nombre d’observateurs, après Barkhane, l’armée malienne restera la seule alternative sur le terrain.

Et si l’on s’en tient aux déclarations du général, commandant en chef des forces onusiennes au Mali, le 17 juin 2015 devant le Conseil de sécurité des Nations unies, on se fera rapidement une idée de la question. Ce haut responsable de la Minusma fera remarquer à ses patrons, la faiblesse et l’incapacité de la force qu’il commande à gérer une guerre asymétrique, avant d’ajouter que la Minusma aurait pu éviter certaines de pertes si ses soldats avaient été mieux formés et mieux entraînés par leurs pays d’origine avant leur déploiement.

“Beaucoup de mes soldats ne sont pas assez bons dans les compétences de base requises, comme repérer des mines ou appeler à l’aide des hélicoptères pour évacuer des blessés. Nos troupes méritent d’être bien protégées dans leurs camps contre les tirs et les véhicules piégés, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas”, a avoué le général Danois.

Comme si cela ne suffisait pas, il déplorait les conditions souvent minimales de ses soldats notamment le simple recours pour approvisionner la Minusma : “Ça ne marche pas dans un environnement hostile comme au Mali. C’est irresponsable de continuer à aller (dans le Nord du Mali) avec de vieux camions civils fragiles non protégés et conduits par des gens qui ne sont pas des soldats”, a-t-il déploré.

De la période de ces déclarations, en juin dernier, à nos jours, il n’y a pas eu grand changement sur le terrain et le nouveau mandat de la Minusma qui aurait pu être robuste dans le cadre de lutte contre le terrorisme est plutôt axé sur la stricte et traditionnelle mission maintien de paix. Cette approche de la force onusienne au Mali ne fait pas l’unanimité au sein même des pays contributeurs. C’est le cas du Sénégal qui a sur le sol malien un fort contingent qui a perdu plusieurs hommes suite à des attaques terroristes.

A la faveur d’une rencontre récemment sur la sécurité que son pays a abritée, le président Sénégalais, Macky Sall, a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : “Si on vient au Mali, ce n’est pas pour faire la paix, mais la guerre”.

Alpha Mahamane Cissé/L’indicateur du renouveau 

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