RDC: manifestation à Bukavu après le meurtre d’un gynécologue proche de Mukwege

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Sécurité pour les médecins », « Stop à l’impunité ». Des exemples de slogans scandés aux obsèques de Jildo Bya Moungou, à Bukavu, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce gynécologue a été assassiné vendredi 14 avril à Uvira. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, pour la société civile. « Trop, c’est trop ! », sont venus scander des représentants des organisations de défense des droits de l’homme et de l’ordre des médecins mobilisés pour une marche lors de ses funérailles, ce mercredi 19 avril à la mi-journée.

La marche est partie de l’hôpital de Panzi pour rejoindre 7 kilomètres plus loin la place des martyrs à Bukavu. Sous escorte policière, plus de 2 000 personnes ont défilé, pour la plupart vêtues de blanc. Les médecins portaient leur blouse, les autres des polos à l’effigie du défunt.

« L’Etat doit rendre des comptes », pouvait-on lire sur une banderole. « Nous réclamons justice », sur une autre, en présence du célèbre docteur Mukwege portant dans ses bras le portrait de son collègue et ami. Les deux hommes s’étaient vus la veille du drame.

« On était dans une formation. On a parlé du manque de sécurité. Et là, le docteur Jildo Bya Moungou a exprimé sa crainte par rapport à sa sécurité puisqu’il subissait des menaces de mort, raconte Denis Mukwege. Et donc il avait peur, surtout qu’il était déjà traqué par des hommes en armes. On a discuté de son cas, il avait vraiment pressenti qu’il n’était pas en sécurité. Malheureusement, la nuit qui a suivi, le pire est arrivé. »

Zones d’ombre

Un suspect serait en garde à vue selon la police, mais le doute plane encore sur le mobile et les circonstances du meurtre. Que s’est-il passé à la frontière avec le Burundi lorsque le convoi médical s’est vu refuser le passage ? Et surtout pourquoi l’escorte policière a-t-elle été retirée au docteur Gildo il y a un mois en dépit des menaces de mort ?

Ses proches et collègues réclament des réponses à ces questions. Un mémorandum doit être remis au vice-gouverneur. Il demande des mesures pour sécuriser la population et le personnel médical. Une veillée funéraire sera ensuite organisée, avant de porter le corps en terre ce jeudi matin.

RFI

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