Union économique et monétaire ouest-africaine : SIGNAUX AU VERT

Cela se traduit au plan économique par un taux de croissance supérieur à la moyenne mondiale et africaine
Les rideaux sont tombés sur les travaux de la 19ème session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Qui s’est tenue le vendredi dernier au Palais des congrès de Cotonou au Bénin, en présence du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta. A l’issue du sommet, le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a été élu par ses pairs pour succéder à son homologue Thomas Yayi Bony pour conduire les destinées de l’Union pour un mandat d’un an.
Les chefs d’Etat ont décidé de diviser la poire en deux en accordant aux commissaires une prorogation de leur mandat jusqu’au prochain sommet, à l’issue duquel, le président sortant de la commission, le Sénégalais Cheickh Hadjibou Soumaré, cédera son fauteuil à un Nigérien, conformément à un arrangement entre le président d’alors du Sénégal, Me Abdoulaye Wade et son homologue nigérien Issoufou Mahamadou, pour permettre au candidat sénégalais de succéder à notre compatriote Soumaïla Cissé, alors président sortant. Le Sénégalais Cheickh Hadjibou Soumaré ne devrait faire qu’un seul mandat. Mais les médias faisaient état, avant l’ouverture du sommet, de l’intention de leur pays de briguer un second mandat pour Cheickh Hadjibou Soumaré.
Des signes d’énervement étaient perceptibles dans le comportement du président nigérien, Mahamadou Issoufou, qui était resté glacial pendant toute la cérémonie d’ouverture. Mais l’arrangement de la prorogation des mandats d’un a permis d’apaiser les Nigériens qui estiment que c’est leur tour d’occuper le fauteuil de la présidence de la commission.
Les chefs d’Etat ont fait preuve de fermeté à l’égard des juges de la Haute cour de justice de l’Union, qui ont paralysé le fonctionnement de l’institution communautaire pour des questions d’égo. Ils ont ainsi été congédiés en attendant la relecture des textes de la haute juridiction préconisée par le comité de haut niveau mis en place par les chefs d’Etat pour régler la profonde crise qui la secouait. Cette décision repose sur des conclusions formulées par le comité de haut niveau qui recommandait la dissolution pure et simple des organes de la Haute cour et la nomination de nouveaux magistrats.
En outre, la conférence des chefs d’Etat a exprimé toute sa satisfaction au président de la commission, au gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), au président de la Banque ouest africaine de développement (BOAD), à celui du Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers ainsi que les personnels de tous les organes et toutes les institutions de l’Union pour les résultats obtenus dans la mise en œuvre des programmes et projets communautaires. Les mêmes félicitations ont été adressées au président Thomas Yayi Boni pour ses actions à la tête de l’Union.
Les chefs d’Etat ont également félicité les présidents Alassane Ouattara et Faure Essozimna Gnassingbé Eyadema pour leur réélection à la tête de leurs pays respectifs avant d’exprimer leurs chaleureuses félicitations à Rock Marc Christian Kaboré pour son élection à la tête du Burkina Faso.

6,6% en 2015. S’agissant de l’état de santé de l’Union, il ressort de l’exposé du président du Conseil des ministres, Amadou Ba, ministre sénégalais de l’Economie des Finances et du Plan, que tous les signaux sont au vert. D’abord au plan économique, Amadou Ba a assuré que les chefs d’Etat du suivi effectif des orientations données. Qui se traduit au réel par un taux de croissance supérieur à la moyenne mondiale et africaine, s’est réjouit le président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement sortant, le président béninois Thomas Yayi Boni. Ce taux de croissance s’élève à 6,6% en 2015. Cette performance découle de la hausse des productions agricoles et industrielles ainsi que du dynamisme des BTP, portés par la poursuite des investissements publics et privés dans les Etats membres, a expliqué Amadou Ba dans sa présentation.
La croissance a été portée par un taux faible d’inflation, qui a maintenu une certaine constance durant toute l’année dans des perspectives d’évolution modérée à moyen terme. La banque centrale a également mené une politique monétaire accommodante en maintenant ses taux directeurs à leurs plus bas niveaux historiques et en poursuivant ses refinancements en faveur des banques pour répondre à leurs besoins de liquidité. En même temps, la mise en œuvre des principaux chantiers du processus d’intégration s’est poursuivie. Elle a concerné l’harmonisation des cadres législatifs et règlementaires des finances publiques, la consolidation du marché commun, les politiques sectorielles, le contrôle démocratique et juridictionnel, l’implication du secteur privé ainsi que de la revue annuelle des réformes enfin les politiques, programmes et projets communautaires. D’autres grands chantiers connaissent une évolution satisfaisante. Il s’agit entre autre de la mise en place d’un Fonds fiduciaire multi-donateurs d’appui au financement du programme économique régionale ; la poursuite du programme d’installation des centrales solaires de grande capacité dans les Etats membres de l’Union. A ce sujet, Amadou Ba a rappelé que la 2ème phase de l’Initiative régionale pour l’énergie durable (IRED) a été amorcée et plusieurs actions ont déjà été initiées dans la perspective du mixage énergétique, avant d’ajouter que le partenariat économique avec l’Union européenne a été signé par tous les Etats membres de l’UEMOA.
S’exprimant sur l’amélioration du financement des économies de l’Union, Amadou Ba dira que la BCEAO a mis en œuvre la 2ème phase du processus de renforcement des capacités d’intervention des établissements de crédit. Ainsi, le capital social des banques a été porté de 5 à 10 milliards Fcfa et celui des établissements financier de 1 à 3 milliards Fcfa. En outre, des actions ont été entreprises pour promouvoir les bureaux d’information sur le crédit dans l’Union en vue d’une réduction de l’asymétrie d’information entre les banques et leur clientèle, nécessaire au développement du crédit.
S’agissant du renforcement de la stabilité dans l’Union, des actions sont engagées par la BCEAO pour la mise en place d’un dispositif de résolution des crises bancaires qui définit les modalités d’intervention des autorités lorsqu’une crise affecte le fonctionnement du secteur bancaire. Concernant celui de la monnaie électronique, qui connaît un essor croissant, au sein de l’Union, des actions ont été entreprises pour règlementer le secteur, en vue de permettre un meilleur suivi de ses acteurs et de rassurer les populations sur son utilisation.
Dans la même perspective, la BOAD a poursuivi ses activités de financement en faveur des Etats membres. Ses concours se sont élevés au cours des trois premiers trimestres de 2O15 à 272,9 milliards Fcfa, dont 217 milliards sous forme de prêts à moyen et long terme.
L’état de santé économique et social de l’Union se maintient au mieux de sa forme. Cette performance a besoin d’être consolidée. Aussi, les chefs d’Etat ont donné leur quitus à la commission de poursuivre les chantiers en vue de hisser l’économie de l’Union au rang des économies émergentes au monde. C’est sur cette note d’espoir que les dirigeants de l’Union se sont quittés en se donnant rendez-vous dans un an à Abidjan.
Envoyé spécial
A. O. DIALLO/L’Essor 

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