Yémen: des combats à l’arme lourde entre les anciens alliés d’Aden

Les séparatistes du sud du Yémen ont acheminé des renforts dans la grande ville portuaire d’Aden, ce lundi 29 janvier 2018. La nuit dernière, des combats ont eu lieu entre ces forces séparatistes et celles du gouvernement, faisant une quinzaine de morts et plus de 120 blessés. Et ce lundi, au moins neuf personnes supplémentaires ont été tuées. Comment interpréter l’ouverture de ce nouveau front dans la guerre qui déchire le Yémen ?

La deuxième ville du Yémen s’est retrouvée totalement paralysée ce lundi par les tirs de chars de combat et de pièces d’artillerie lourde. Les deux camps ont recours à cette dernière.

Les affrontements se sont intensifiés en milieu de journée et les rues étaient désertes dans de nombreux quartiers. Les premiers affrontements ont éclaté dimanche alors que les séparatistes souhaitaient organiser des manifestations pour demander le départ du gouvernement.

Ces dernières années, les partisans de l’indépendance du sud du Yémen, très puissants puisque le Yémen du Sud était un Etat indépendant avant sa fusion avec le Nord en 1990, s’étaient rangés dans le camp du président Abd Rabbo Mansour Hadi.

C’est d’ailleurs dans le sud, à Aden, que ce gouvernement reconnu par la communauté internationale a trouvé refuge lorsqu’il a été chassé de la capitale Sanaa par la rébellion chiite des Houthis il y a plusieurs années.

Malgré cet ennemi commun, des fissures sont apparues l’année dernière dans l’alliance entre les indépendantistes du sud et le pouvoir du président.

Le pouvoir ne parvient pas à reprendre le nord et se retrouve défié au sud

Il y a quelques jours, le camp séparatiste a exigé des changements au sein du gouvernement, l’accusant au passage de « corruption ». Ces dernières heures, on est ensuite passé à la confrontation armée dans les rues d’Aden, donc.

Cet épisode illustre une fois de plus la faiblesse du pouvoir yéménite, qui ne parvient pas à reprendre le contrôle des territoires du nord et qui est désormais défié au sud.

Ce nouveau front est également une mauvaise nouvelle pour la coalition commandée par l’Arabie saoudite, qui bombarde les rebelles chiites depuis près de trois ans, sans succès militaire mais au prix d’un désastre humanitaire de grande ampleur.

La coalition arabe appelle aujourd’hui « au calme et à la retenue » entre les ex-alliés yéménites qui s’affrontent à Aden, et à l’ouverture de négociations en bélligérants.

A noter que le camp ennemi a lui aussi connu des déchirements ces derniers temps, entre les mouvements houthis et les partisans de l’ex-président Ali Abdallah Saleh, tué par des Houthis en décembre 2017.

RFI

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