Divorce entre le chef de l’état et son parti : Après la bataille, qui du RPM et d’IBK gagnera la guerre?

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Au lendemain de son élection à la tête du pays, le Président IBK n’a eu de cesse d’affirmer qu’il ne doit son élection à aucun parti politique. Malgré ce message jugé provocateur, le RPM s’est abstenu de l’affronter ouvertement. Mais, à la suite de l’éviction de son Secrétaire général du gouvernement, Bocari Tréta, le parti du Tisserand semble décidé à faire la guerre à IBK.

Longtemps marginalisé par son candidat devenu Président de la République, IBK continue de jeter en pâture le Rassemblement pour le Mali (RPM).

En effet, cela fait 28 mois que le parti présidentiel, le RPM, se bat pour occuper le poste qui lui revient de droit en sa qualité de parti majoritaire, à la lumière d’une certaine pratique démocratique. Il s’agit de la Primature. Après avoir fait partir les Premiers ministres Oumar Tatam Ly et Moussa Mara, le RPM était à la manœuvre pour venir à la Primature après Modibo Keïta qui aurait promis de ne pas dépasser une année à la tête du gouvernement. Depuis cette annonce, apprend-on, le RPM s’était mis à compter les semaines et les jours qui restaient pour Modibo Keïta.

Mais, au regard de la compétence de ce dernier, puisqu’on ne change pas une équipe qui gagne, le Président IBK en a décidé autrement. Il a supplié l’actuel Premier ministre de conduire les activités gouvernementales en lui proposant une nouvelle équipe. Dans la composition de cette nouvelle équipe gouvernementale, le ciel est tombé sur la tête du RPM. A défaut du poste qu’il réclame, son Secrétaire général, non moins numéro 2 du gouvernement, Bocari Tréta a été débarqué du gouvernement. Et d’une manière peu orthodoxe. Car, selon les explications de Tréta, il n’a pas été avisé par le Chef de l’Etat. Etant en mission du Président de la République à l’intérieur du pays, le chef du gouvernement Modibo Keïta l’a appelé pour lui annoncer que son nom ne figure pas sur la liste du nouveau gouvernement et qu’il est gêné. Comme pour dire qu’il avait proposé Tréta et que c’est IBK qui a décidé de le limoger.

Quelques jours auparavant, a-t-on appris, pour la première fois, IBK avait fermé sa porte aux membres du RPM. Il les a renvoyés au Premier ministre qui était en train de préparer des propositions en vue du réajustement ministériel. C’est à partir de là que tous les membres du gouvernement, membres du Rassemblement pour le Mali, ont compris le désamour d’IBK envers le parti. Sans risque de se tromper, à travers le limogeage de Tréta, on peut dire qu’IBK a gagné la bataille et non la guerre. Car, dans la foulée, le RPM a rédigé un communiqué pour désavouer le choix du Président de la République. Dans ledit communiqué, il déclare: «Le bureau politique national du Rassemblement pour le Mali (BPN/RPM) prend acte de la reconduction de Modibo Keïta comme Premier ministre, chef du Gouvernement et de la mise en place du nouveau Gouvernement suivant décret n°2016-0022/P-RM du 15 janvier 2016 portant nomination des membres du Gouvernement.

Le bureau politique national du Rassemblement pour le Mali (BPN/RPM) remercie le ministre du Développement rural sortant, Dr Bok ary Tréta pour avoir été à la hauteur de la mission à lui confiée par le Président de la République», comme pour dire que Tréta a été relevé pour des raisons autres que le manque de résultats. Le présent communiqué a été suivi d’une réunion de crise tenue par le RPM. Dans les coulisses, il nous revient que les cadres du RPM affûtent leurs armes pour une bataille rangée. Sans savoir la stratégie mise en place pour mener cette «guerre imposée». Toujours faut-il rappeler que malgré la colère du RPM contre le Président de la République, il lui sera difficile de gagner une quelconque guérilla politique contre IBK. Car, comme aiment le dire certains, jamais, dans l’histoire, un parti malien n’a vaincu un chef d’Etat en exercice. Car le seul et vrai pouvoir réside à Koulouba. Tous les courants cherchant à s’approcher du prince du jour fait qu’on ne voit jamais de vide autour de lui. Si son parti décide de prendre ses distances vis-à-vis du pouvoir, il ne fera que la place à d’autres. Surtout que le RPM n’existe pas sur le terrain comme certains peuvent le penser. Les 70 parlementaires qui le composent n’ont pas forcément de conviction politique. Ils sont nombreux à se faire élire sous l’influence du Président IBK. En clair, la plupart d’entre eux doit tout à IBK. Par ricochet, ils ne se hasarderont pas à s’opposer à lui. A la lumière de ce constat, le RPM doit avaler la couleuvre au risque de tout perdre.

Oumar KONATE/Le Pretoire

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