Scandales financiers et gestion patrimoniale : L’opposition peut-elle aider IBK à changer?

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Constamment arrosé par les critiques de l’opposition républicaine et démocratique pour sa gestion opaque et patrimoniale du pouvoir, le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita n’en pouvait plus de se contenir, emporté par la colère et l’intolérance, qu’il a fini par ouvrir son ventre en ébullition. Il a fini par appuyer sur la gâchette.

Mais ce qui semblait être un coup sûr pour lui n’a été qu’un coup raté. Car en plus de tirer sa balle à terre, le Président IBK, en décidant de répondre l’opposition sur des considérations personnelles, plutôt que sur les scandales financiers de son régime, a aussi, permis aux Maliens de comprendre les dessous de son silence sur les critiques contre son régime. La vérité est que IBK, contrairement à l’esprit de tolérance, veut bien répondre à l’opposition au coup par coup, mais seulement, il manque d’arguments.

Le Président était resté silencieux sur l’affaire des 1000 tracteurs, de l’engrais frelaté, et demeure toujours indifférent quant à la sanction des auteurs de la surfacturation assortie de l’achat de l’avion présidentiel et de l’acquisition de fourniture d’armements. C’est donc dire que le Président de la République n’a pas changé de cap. Et il ne compte pas le faire maintenant. En tout cas pas avant d’échouer à museler l’opposition républicaine et démocratique.

Pour rappel, on l’a vu à Paris s’agiter du doigt, se fâcher et dire, parlant de l’opposition : « ces petits prétentieux » pour finir en bambara « a bora politiki la, a kera malibaliya yé »(ce n’est plus de la politique, mais de l’impertinence, de l’impolitesse). Mais par ailleurs, il ne fait rien pour améliorer sa gestion opaque des affaires publiques.  Pour tout dire, les causes de la colère du Président IBK est à chercher ailleurs. Car contrairement à ce que certains opportunistes tentent de faire croire aux Maliens, la divergence de vues entre l’opposition républicaine et démocratique  et le chef de l’Etat trouvent ses origines dans la mal gouvernance du régime en place. La question que l’on se pose est de savoir si l’opposition pourra changer IBK afin de sauver le Mali.

Youssouf Z  KEITA

Le Républicain 

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