Syrie: la Turquie se met à dos toute la région

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La Turquie du président Recep Tayyip Erdogan se voyait comme un facteur de stabilité dans la région. Aujourd’hui, elle est en pleine crise diplomatique avec la Russie, en guerre ouverte avec le régime de Bachar el-Assad et, depuis quelques jours, elle est également en froid avec l’Irak et avec l’Iran, qui l’accuse également de profit du pétrole du groupe Etat islamique. De son côté, l’Iran, allié de la Russie dans la crise syrienne, a affirmé qu’il cherchait à réduire les tensions entre ses deux voisins pour éviter une nouvelle crise dans la région.

Zéro problème avec les voisins, c’est toujours la doctrine officielle de la Turquie en politique étrangère, depuis l’arrivée au pouvoir des islamo-conservateurs de l’AKP en 2002. Mais aujourd’hui plus que jamais, les politiques du gouvernement turc sont critiquées, décriées, par la plupart des pays voisins.

Comme la Russie bien sûr, en crise ouverte avec Ankara depuis que l’armée turque a abattu son bombardier en plein vol. Comme avec l’Irak depuis quelques jours, qui exige de la Turquie qu’elle retire ses soldats qui forment des troupes kurdes irakiennes, dans leurs combats contre le groupe EI au nord du pays. Réaction du régime syrien de Bashar el-Assad : Ankara joue un « rôle destructeur » dans la région. Enfin, comme avec l’Iran, qui accuse désormais la Turquie, comme Moscou l’a fait, d’être impliquée dans le trafic de pétrole avec l’organisation Etat islamique.

Le double discours iranien

« Nous avons le devoir de réduire les tensions entre ces deux pays [Russie et Turquie] pour éviter de nouvelles tensions », a déclaré Ali Akbar Velayati, conseiller pour les Affaires internationales du numéro un iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Pourtant, malgré cette déclaration, l’Iran campe sur ses positions et accuse la Turquie d’aider les rebelles armés syriens.

Cette déclaration intervient alors que les médias iraniens et certains responsables ont repris les accusations russes sur l’implication de la Turquie dans le trafic de pétrole de l’organisation de l’Etat islamique depuis la Syrie.

L’Iran est un farouche partisan du président syrien Bachar el-Assad. Le sort du président syrien est notre ligne rouge, a d’ailleurs déclaré Ali Akbar Velayati. L’Iran, tout comme la Russie, engagé militairement aux côtés de l’armée syrienne, affirme que seuls les Syriens peuvent décider du sort du président Assad. Une manière de rejeter les demandes des Etats-Unis, de la France, de la Turquie ou encore de l’Arabie saoudite qui affirment que le président Assad doit à un moment donné quitter le pouvoir.

rfi

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